Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 10:01

Vend-1.JPGD'abord, ici on ne dit pas sandwich mais «rapid' casse croûte». Et puis si on a les oreilles sensibles, qu'on tient la promiscuité en horreur, que le graillon n'est pas exactement le genre de fragrance dont on aime être vaporisé et que le service brut de décoffrage nous procure comme un certain malaise, bref qu'on ne raffole pas vraiment des bistrots auvergnats qui tâchent comme un bon gros Saint Pourçain (dont on écluse ici pas moins de 10 000 bouteilles par an), autant passer son chemin, ce qui serait dommage car dans l'institution du très charismatique Christian Gaudin (l'homme sandwich, c'est lui), outre d’excellentes viandes, tripous et autres aligots, il ne fait plus mystère que son fameux «rapid' casse croûte» n'est rien de moins que le meilleur sandwich de la capitale.

Vend-2.JPGUn rapide coup d’œil au comptoir dont l'angle est encombré de fromages plutôt francs du collier et de caractère comme ce Bleu aussi constellé de cratères que les collines de Verdun et tellement persillé qu'on y voit plus que du vert, puis un autre derrière le bar nous révèle profusion de produits du terroir en arrivage direct du pays, du jambon de pays au saucisson à l'ail, du saucisson sec à la fourme d'Ambert sans oublier les fritons du Cantal et l'andouille de campagne, histoire de dire qu'ici on envoie du lourd et qu'on est surtout pas dans la triche, dans l'esquive, du genre à planquer la cochonnaille au fond du frigo. S'offrent donc à nos yeux que du vrai, du bon, bref de l'authentique à l'image de cette terrine de pâté maison ou ces rillettes qui surgissent de la cuisine avec ce petit quelque chose d'éblouissant.

Vend 3

Et mon rapid' casse croûte, alors? Préparé en direct, de généreuses tranches de jambon à l'os prenant leurs aises sur une belle épaisseur de beurre à la motte, le tout sous le regard bien attentionné de la baguette croustillante de chez Julien. Un petit bonheur à 4,10  € qui explique la queue souvent désespérante qui se forme à l'heure du déjeuner, l'idéal étant encore d'aviser un tabouret au comptoir, histoire d'être aux premières loges.

Vend-4.JPG 

 

Le Petit Vendôme

8 rue des Capucines

75002 Paris

01 42 61 05 88

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Française
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 17:34

Comme 1

A ma grande honte, j'avoue que ma curiosité ne m'a jamais poussé à goûter l'un de ces célebrissime pastel de nata qui sont l'une des fiertés du Portugal. Ce n'est pas faute de les avoir croisé à chacun de mes voyages, à croire qu'ils me suivent à la trace, de Tokyo à Shanghai en passant par Bangkok, Taipei, Cuba, la Malaisie, les faubourgs de Manille ou bien entendu Macao et Goa, une prolifération qui s’explique en partie par une recette simple, des produits de base très accessibles et un coût client qui reste très bon marché. A vrai dire, cette tartelette au fond de pâte feuilletée pur beurre croustillant, garnie de flan à la crème d’œuf, saupoudrée ou non d'un voile de cannelle en poudre ou de sucre glace, m'aura toujours laissé indifférent, la trouvant sans charme, d'un intérêt très limité, au point qu'à Lisbonne j'ai carrément snobé les fameuses pasteis de Belem dont la recette est jalousement gardée et le laboratoire de fabrication au sous sol enfermé derrière un coffre fort blindé (on n'est jamais assez prudent).

A la faveur de l'ouverture plutôt récente d'un comptoir lisboète dans le Marais, l'occasion se présente enfin de me faire ma petite opinion sur cette gourmandise qui se déguste par exemple au comptoir, sur le pouce, accompagné d'un expresso portugais Delta. Et c'est vrai que cette tartelette (2 pièce) fait son petit effet. Encore chaude (la production est assurée en continu pour une fraîcheur ultime, un croustillant imparable), l'équilibre parfait de la pâte feuilletée, de la crème d’œufs et du sucre, régressive en diable, convoque instantanément le doux parfum de l'enfance (je comprends mieux son succès au Japon) et donne extrêmement de plaisir (sans parler qu'on s'amuse des miettes de pâte feuilletée disséminées aux quatre coins de notre bouche) et nous met même en joie. On n'en demandait pas moins.

Comme 2

Et comme la gourmandise n'a pas de limites, on ne manquera pas de rapporter quelques une poignée de pasteis joliment rangées une de ces jolies boites blanches estampillées d'hirondelles frondeuses après quoi on les passera au four préalablement chauffé à 200 degrés une petite minute à peine, histoire de leur redonner tout leur croustillant (sinon les conserver une journée maximum à température ambiante et surtout pas dans le frigo car trop humide).

Bon à savoir, Comme à Lisbonne dispose depuis peu d'une petite terrasse et quand à sa micro épicerie, elle envoie toujours le meilleur du Portugal avec ces huiles d'olive, ses boissons gazeuses Pedras, son Porto, ses sardines sauvages Tricana, ses cafés, son thé vert en provenance de l'unique plantation des Açores qui est également la seule plantation de thé en Europe, ses sels parfumés d'Algarve, ses dragées Arcadia...

 

Comme à Lisbonne

37 rue du Roi de Sicile

75004 Paris

www.commealisbonne.com

 

Par Foodinandout - Publié dans : Douceurs
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 08:02

(Twen 2)

1/3 restaurant, 1/3 coffee shop, 1/3 salon de thé, un dernier tiers (trichons un peu) table d'hôte et déjà 100% incontournable. Twenty Peas, c'est un peu la traduction exagérée pour l'addiction au bout de le fourchette, le coup de cœur à portée de cuillère.

(Twen 4)

C'est tout vegy, c'est tout frais (au taquet avec les saisons, salades, tartes salées, tartines et pâtisseries intégralement concoctés maison, renouvelés au jour le jour, la carte se réinventant chaque jour de la semaine) et c'est surtout très bon et inventif (dans mon assiette, de réjouissantes tagliatelles de courgettes, des lentilles/courgettes/herbe fraîche/vinaigrette moutardée au meilleur de leur forme, une tartelette feuilletée/tomate/poivrons/parmesan digne d'être gravée dans le marbre et en dessert un honnête clafoutis banane/pamplemousse/kiwi). Loué soit donc Thomas Simon, le chef tatoué sortit de partout sauf de nulle part (Laurent, Senderens, Mama Shelter) dont le talent semble sans limite.

Twen 5

Twen 6

Avec ça, la jeune entrepreneuse Claire Menini aura rêvé d'une déco à la fois vintage et cosy, d'une ambiance retour de brocante mais sans poussière ni naphtaline, souhait que le cabinet d'architecture Pravda Arkitect aura exaucé. Avec ses chaises de récup', sa vieille cheminée, ses tapisseries à fleurs, son ambiance à la fois délicieusement barrée, chaude et douillette digne d'une miss Marple sous substance, son comptoir de carrelage crème qui rappelle celui de Coutume Café (CUT architectures), plus convivial tu meurs.

Twen 3

Et quand on apprend que le brunch du dimanche est placé sous la bénédiction de Gontran Cherrier dont les pains et viennoiseries font tourner la tête des petits comme des grands, c'est pas peu dire qu'on saute au plafond.

Twen 1

On n'oublie pas les fromages sélectionnés par Neal's Yard à Londres, les vins de «La Contre Etiquette», les jus de fruit Jean Louis Bissardon, ni le coin épicerie qui fait la part belle aux petits producteurs et encore moins la vente à emporter, idéale quand on travaille dans le coin. Un peu, qu'il s'agit du coup de cœur de la semaine !

 

Twenty Peas

59 rue des Mathurins

75008 Paris

01 42 66 26 13

www.twentypeas.fr

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Française
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 18:20

Ordo 1

Sur la carte de visite c'est écrit «L'ordonnance, cuisine traditionnelle» et c'est point un mensonge. Une autre vérité c'est que ce bistrot jeté à quelques foulées de la place Michel Audiard, n'est pas le dernier lieu où l'on aimerait déjeuner chaque jour.

Anciennement Petit Tonneau (dont les assiettes portent encore l'empreinte émouvante - le scénariste de génie en était un grand habitué), passé depuis entre les mains Patrick Lievin et dans la foulée rebaptisé l'Ordonnance, le moins qu'on puisse dire c'est qu'on y mange vrai. Et avec ça copieux mais avec raison, de manière frontale mais avec des gants de soie, bref, on y soigne au choix sa ligne, son spleen, son embonpoint, sa joie de vivre ou bien ses petits chagrins autour de mets bien sentis (menu fixe au déjeuner, compositions plus enlevées et carnassières au dîner) et de vins servis en carafe.

Ordo 2

Dans le genre, la formule déjeuner à 22 € ne se moque pas du monde. Ça commence sur les chapeaux de roue avec le feuilleté de chèvre à la noix et sa salade de mesclun plus vivante que morte, du genre à se dresser dans son assiette, ce qui donne des aller retour jubilatoires entre le fondant du chèvre jeune et doux, le croustillant de la pâte feuilletée et le léger croquant de la salade qu'illumine une pointe d'acidité.

Ordo 3Dans le style plat fastoche mais carrément génial qui atterrit l'air de rien sur votre table, le parmentier de poissons aux herbes n'est pas mal non plus. Déjà que les épais et copieux morceaux (et pas des moins nobles) de cabillaud et de colin égalent en quantité la purée maison enrichie d'une pointe de piment d'Espelette, on peut encore compter sur une constellation de feuilles d'aneth qui apportent une touche fraîche et anisée mais encore cette salade de mesclun toute de peps, huile de noix et discret tour de moulin poivre. Ça respire un peu la maison de bord de mer, les plats de fin de semaine à partager sous la tonnelle dans la joie et les rires et c'est justement ce qu'on attend d'un plat, qu'il fasse surgir des images, qu'il lance la bobine de notre propre film intérieur.

Ordo 4

Et puis on a plus vraiment faim mais on fait effort (qui est un gros mensonge) pour faire disparaître en quelques coups de cuillère la volumineuse quenelle de chocolat amer et sa crème anglaise, dense, bigrement cacaotée... Et c'est trop bon, et la pointe de fleur de sel est un chavirement. Et de réaliser que le repas fut un sans faute, du début à la fin. On n'est pas qu'un peu sous le charme.

 

L'Ordonnance

51 rue Hallé

75014 Paris

01 43 27 55 85

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Française
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 10:03

Rou 1

Il n'y a pas marqué cantine mais c'est tout comme. Devanture défraîchie, déco à la ramasse, mobilier hors d'âge, cuisine lilliputienne à moitié planquée derrière des affichettes mais une carte à rallonge aux tarifs au ras du sol qui passe en revue sans anicroche les classiques tonkinois et même plus (maki et samossa pour les irréductibles qui ne finiront pas de nous étonner). Le bo bun a la mine resplendissante de fraîcheur, du genre à se dresser sur son séant, sacrément à l'aise dans sa fraîcheur, sa vivacité. Ce sera pour une autre fois, ce midi j'opte plutôt pour la soupe de nouilles aux raviolis à la crevette, lesquels sont bien en chaire voir sacrément dodus et nagent benoîtement dans une soupe brûlante comme on l'aime, discrète en bouche, qui caresse le palais plutôt qu'il ne ne flatte avec mille charmes racoleurs.

Rou 2

En entrée, impossible pour une première visite de faire l'impasse sur le rouleau de printemps taille plutôt maousse, garni comme il se doit de laitue, de carotte émincée, de vermicelles de riz, de crevettes et de quelques feuilles de coriandre, le tout enroulé dans une mince feuille quasi translucide à base de farine de riz. Tellement naturel, frais et simplissime que c'en est désarmant. Rien à voir avec ce qu'on a pu goûter jusque là dans les restaurants d'abattage du quartier chinois où la rigidité suspecte et les arômes décapités des rouleaux lancés sur votre table plutôt que servis docilement est tout le contraire de ceux proposés par cette petite planque de Belleville.

Rou 3

Ils sont délicieux, ils coûtent 2,40 pièce. Résultat, j'en boulotte un deuxième. Avec un verre de thé, l'addition atteint péniblement 11,20 €. Dans le genre, on ferait difficilement mieux. Maintenant, de là à ce que les jours de beau temps (surtout de fin de mois) un attroupement monstre se forme sur le trottoir, faut pas non plus pousser. M'enfin, vu le temps calamiteux qu'on subit, au moins on le tient notre printemps. Et ce n'est pas madame Nguyen, fidèle au poste qui me contredira.

Rou 4

 

Le Rouleau de Printemps

43 rue de Tourtille

75020 Paris

01 46 36 98 95

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Vietnamienne
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Mes addresses

Le Pré Verre (Cuisine et vins d'auteurs), 8 rue Thénard, Paris 5è

Asian Wok (cuisine Thai avec un zeste de fusion), 63 rue Oberkampf, Paris 11è

El Mansour (Le couscous Marocain de la capitale sinon de l'héxagone), 7 rue de la Trémoille, Paris 8è
Croccante (Spécialités siciliennes, cuisine régionale à couper le souffle), 138 rue Vaugirad, Paris 15è 

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