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Cuisine Chinoise

Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 18:11

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Calquée sur le modèle des «Pâtes Vivantes» (à moins que ce ne soit l’inverse), Happy Nouilles est une cantine sichuanaise qui émerveille avec le spectacle de ses nouilles fraiches étirées à la main, notre fascination culminant au moment ou les doigts du cuisinier sont utilisés naturellement comme des peignes qui divisent, plient et coupent la pâte dans un geste toujours élégant et rapide comme l’éclair, avant d‘en jeter les fins spaghettis dans une marmite de bouillon fumant dans lequel ils vont cuire à peine deux minutes.

Les la mian dont le choix à la carte ne laissera personne désemparé, se dégustent dans un bouillon de porc riche et succulent ou sautés au wok. Depuis nos séjours en Chine, nous savons qu’une soupe de nouilles de la sorte dégustée à midi, fut-elle aux boulettes de poisson, au canard ou au choux salé, est un moment charnière, un de ces axes sur lequel va s’organiser le restant de la journée, au point lui donner une tonalité nouvelle. Le goût puissant, savoureux, coure encore dans notre bouche, imprègne toujours notre corps après que nous ayons regagné le bureau ou le confort discret de notre salon. Chez Happy Nouilles, on trouvera naturellement déconcertant d’éprouver certaines de ces sensations ressenties à Shanghai ou Xian, comme ce fut le cas avec cette soupe de nouilles au bœuf épicé (6,50 euros) dont l’excellence conjuguée des pates, du bouillon (tous deux littéralement stupéfiants) et de la viande lui fait atteindre des sommets.

On reviendra, c’est décidé, pour se régaler d’un plat sauté accompagné d’aubergines parfumées, d’une omelette aux pousse d’ail ou pourquoi pas de raviolis grillés préparés quasiment à la minute.

 

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Happy Nouilles

95 rue Beaubourg

75003 Paris

Tel: 01 44 59 31 22

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Chinoise
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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 10:31

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Le Royal Belleville, aussi appelé Le Président, fait aujourd’hui figure de mythe. Alexandrie avait son phare, Belleville a le sien. S’il n’illumine plus le quartier que d’une lumière fébrile et souffreteuse, ce paquebot restaurant qui a connu ses heures de gloire dans les années 80, reste encore un repère, un passage incontournable en même temps qu’un modèle de réussite et de longévité pour bon nombre d’hommes et de femmes composant la communauté chinoise implantée dans le quartier.

Si le temps est loin ou la cuisine flirtait allègrement avec le meilleure de la gastronomie chinoise et ne propose plus désormais que les classiques interchangeables que l’on retrouve dans la moindre gargote de Belleville ou du 13ème arrondissement, le Royal Belleville n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction et de fascination et continue d’avancer de concert avec le cycle de la vie au point qu’on y cèle toujours ses fiançailles, qu’on y célèbre mariages comme naissances, l’anniversaire de la disparition d’un proche comme un avancement ou l’obtention de ses papiers.

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On peut aussi y venir seul, comme c’est mon cas, sans rien à fêter qu’une journée radieuse. On ne se sent jamais bien seul avec ce décor grandiose mais aujourd’hui résolument désuet, fané, ce qui paradoxalement n’est pas le moindre charme du restaurant, en plus de proposer une cuisine nullement honnête servie par un personnel extrêmement attentif et charmant.

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On aime y venir l’été, saluer le bouddha rieur et bedonnant à la croisée des grands escaliers qui ont servi de décor à tant de films. Il n’est pas rare que la grande salle aux boiseries sculptées de bois relief, aux dragons de cuivre et aux tentures rouges soit quasiment vide. C’est, l’air de rien, un moindre mal qui contribue à tempérer, presque à alléger, cette déco chargée, ampoulée et un poile kitsch (mais assumée) qui peut s’avérer éprouvante pour les âmes sensibles à l’épure, aux lignes claires.

On s’installe, donc, et on se nourrit, on se laisse nourrir, on est à l’aise, lové dans un gros nuage moelleux et chatoyant. Un peu béat, pour tout dire.

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Le Royal Belleville

120-124 rue du Faubourg-du-Temple

75009 Paris

Tel: 01 47 00 17 18

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Chinoise
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Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /Avr /2010 07:24

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L'an dernier, à Taïwan, j'eus la chance d'assister à un spectacle de budaixi ou «théâtre du sac de toile», soit le théâtre traditionnel chinois de marionnettes à gaine dont Liao Wen-ho est aujourd'hui le maitre incontesté. Que se soit en Inde, en Birmanie, en Thaïlande ou à Taïwan, il n'est pas exceptionnel, au hasard d'une flânerie, de déboucher sur une rue investie par une foule tantôt muette, tantôt hilare installée sur des chaises en plastique, au bout de laquelle trône une scène, ici un castelet.

Ce jour là, la troupe de Liao Wen-ho ravissait un public conquis d'avance. Tordus de rire, poussant de grands cris, bondissant quelquefois de leur siège, tous petits ou grands, appréciaient à leur façon le style inimitable de Wen-ho qui a su renouveler le genre sans nécessairement rompre brutalement avec l'esthétique savante et figée d'un XVIIè siècle éternel qui nous charme tant. Ainsi, si les sujets des pièces s'inspirent toujours des légendes anciennes ou des grands romans d'aventure classique, le maitre a su laisser libre cour à son imagination débridée, un brin insolente sinon tapageuse au point qu'il ne se prive pas d'intégrer dans ses spectacles lasers, stroboscopes, fumigènes ou prises de kung fu.

Composée dans sa quasi totalité de membres de la famille du Maitre, c'est cette même troupe que je retrouvais avec plaisir le week-end dernier à la Maison des Cultures du Monde, invitée de marque du désormais célèbre festival de l'Imaginaire. Rapidement, je me laissais embarquer dans chacune de ces deux histoires mêlant picaresque et rocambolesque, édifiantes et kitsch à souhait.

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Préférer la finesse, le raffinement d'un spectacle de Rakugo ou de théâtre No à la fougue et l'impertinence des productions de Liao Wen-ho ne m'empêcha pas pour autant d'aller clore cette soirée chez Main Fan, petite adresse chinoise sur le boulevard du Montparnasse qui, sans faire des miracles, s'en tire plutôt bien avec une sélection de soupes et de plats sautés qui peuvent toujours dépanner. Ce soir là, je choisis les pâtes de riz sauté au bœuf qui sans être succulentes comme elles peuvent l'être en certain lieu du quartier chinois, suffirent à conclure sur une note positive cette soirée placée sous le signe de l'empire du milieu.

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Mian Fan

124 bd Montparnasse

75014 Paris

Tel:01 56 54 01 55

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Chinoise
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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /Déc /2009 08:14
   
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Il en va du thé comme de la littérature. Certains âges, certaines étapes de notre existence favorisent plus ou moins l'approche d'un texte, d'un auteur. Aussi, il est des thés auxquels nous sommes réticents, auxquels on se promet de s'intéresser ultérieurement, incapables que nous sommes d'en apprécier à tel moment de notre vie les caractéristiques et les vertus.

Ainsi un thé fumé, un puer ou un sencha s'apprécieront-t-ils plus dans nos années de formation qu'à à l'automne de notre vie ou inversement.

Cela est vrai également pour ces livres estimés inaccessibles, auxquels on n'accroche pas immédiatement, dont les louanges demeurent pour nous un mystère mais dont on n'est conscient de la beauté, de la force qu'ils portent en eux et que l'on ne désespère pas de pénétrer dans une année, une dizaine année, voir au crépuscule de notre vie.

Livres comme thés sont repoussés avec respect, remisés sur une étagère, dans un coin de notre mémoire avec la certitude qu'ils sauront bien se manifester au moment voulu et qu'en brusquer la révélation serait pure perte.

Récemment, je fis l'expérience de ce phénomène au Shanghai Café de la Maison de la Chine ou contre toute attente je me vis passer commande d'un Genmaicha dont j'appréciais sans commune mesure - et ce plusieurs années après ma dernière expérience peu concluante - la saveur de noisette du riz grillé. Euphorique, je vidais – honte sur moi - la théière en un temps record. Le froid glaçait la ville et rien ne pouvait autant me combler ni soulager mon corps frigorifié que ce breuvage dont je mesurais enfin les richesses, les subtilités et l'intérêt que celui-ci pouvait susciter.


A noter que les thés japonais tels ce Genmaicha proviennent de l'excellente maison Jugetsudo et que les pâtisseries sont assurées par Aoki. A mentionner également, ces jours-ci, une éxpo plutôt racoleuse autour de Mao.


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Maison de la Chine

76 rue Bonaparte

75006 Paris

Tel: 01 40 51 95 17

http://www.maisondelachine.fr/

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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 11:00


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Une fois acquitté de ces 2,90 euros qui vous donnent accès au jardin d'acclimatation ainsi qu'à ces réjouissances attendrissantes quoique un peu fanées, vous prenez immédiatement sur votre droite en direction de l'ancien pavillon de l'impératrice Eugénie dont vous faites le tour afin de gagner l'escalier donnant accès à l'univers crée de toutes pièces (rapportées) par le poète,
l'écrivain, le peintre, le photographe, le conteur, le regardeur Hippolyte Romain.
C'est immédiatement entre les murs de cet ancien entrepôt de 350 m2 l'impression de s'être égaré dans quelque hutong de Pékin, d'avoir pénétré dans une de ces résidences traditionnelles à cour carréee (siheyuan) abritée derrière ses murs gris et sa porte vermillon.
Dans un décor de laques rouges, de lanternes, de soieries, de panneaux de bois, de meubles anciens patinés par le temps et de livres fatigués, le maitre des lieux qui est également le directeur artistique du jardin, se réjouira de vous initier à l'un de ces thés rares rapportés dans ses bagages, un puer, un oolong ou bien ce fascinant thé rouge aux céréales grillées, chacun proposés à 4 euros la théière. Comme vous le feriez sur un bout de trottoir, un après midi ensoleillé aux côtés de joueurs de majong, vous entamerez une conversation qui vous conduira jusqu'à la tombée du jour et qui ne s'achèvera qu'avec l'arrivée de la pluie. 

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C'est qu'Hippolyte Romain est intarissable sur la Chine qu'il découvrit il y a 15 ans avant d'y prendre ses quartiers plusieurs mois par an dans un pavillon pékinois, la capitale agissant sur lui comme un révélateur, libérant les possibles et condensant les formes menacées. Il a beaucoup écrit sur elle, il l'a beaucoup peinte également. Lorsqu'il séjourne à Paris, elle n'est jamais très loin de lui. Toujours à portée de main, à l'image de cette maison de thé, ce fragment de l'empire du milieu dont la greffe a pris dans les jardins d'acclimatation. La Chine, et par extension l'Asie (qui précipite chez l'artiste la création), reste toujours présente en creux, principe actif et invisible, que se soit entre les murs de Mademoiselle Li ou bien à la surface même de ces toiles témoignant d'une certaine jouissance de la vie, de la proximité de la mort.
Le rituel est immuable: Hippolyte Romain retourne de Chine, ouvre grand ses malles et en sort des sacs de thé, des bibelots chinés sur les marchés de Pékin; il dissémine au quatre coins de la pièce ses trésors comme on sèmerait le grain et l'usure du temps, la poussière font le reste. Et l'appel du voyage de se faire de plus en plus insistant, comme une irrésistible enfin de se confronter à son tour avec le monde.



Mademoiselle Li
Jardin d'acclimatation
Bois de Boulogne
75016 Paris
Métro Sablons
Ouvert Samedi et Dimanche, 12h-18h
www.hippolyte-romain.com                            

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Chinoise
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