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Cuisine Japonaise

Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 12:41

Kuni2--1-.JPG

L’aficionado de Kunitoraya, cette illustre cantine besogneuse, embuée et enfumée qui ne désemplit jamais, tombera inévitablement sous le charme de Kunitoraya 2, situé à une dizaine de mètres à peine de son ainé, qui en est la version soft, apaisée et élégante. On se souvient avoir empreinté cette rue à de multiples reprises et être passé devant une plantureuse brasserie bourguignonne, Chez Pauline. C’est aujourd’hui Kunitoraya 2, à l’aise entre ses murs carrelés de blanc, sa cuisine ouverte et ses vestiges d’un autre temps. Plus qu’une annexe de la maison mère qui serait contentée de reprendre dans un cadre plus engageant ses udon - et dans une moindre mesure ses tempura - qui ont fait sa renommée, Kunitoraya 2 en est plutôt le prolongement chatoyant.

Aussi, doit-on s’attendre le soir à une large proposition de tapas (bulot et poireau au miso mariné, boutargue et radis, chaire de crabe marinée, en sont quelques exemples), un menu omakase à 70 euros plutôt avenant ainsi que les grands classiques de la cuisine japonaise comme les donburi, onigiri, tempura, terriyaki (à signaler, le ris de veau, les langoustines), sans oublier les fameuses udon (grosses nouilles de farine de blé) proposées dans plusieurs configurations, bouillon chaud, bouillon froid, à tremper ou on, celles au yuzu me tapant tout de suite dans l’œil avant que je ne leur préfère les Ten Don, un donburi agrémenté de tempura de légumes et gambas diaboliquement croustillantes et irréprochables (17 euros).

Kuni2--2-.JPG

Le service du midi peut-être est l’occasion de goûter ce bento (37 euros) visiblement d’un excellent rapport qualité/prix composé du coffret compartimenté, de tempura , d’un sushi à la vapeur et d’un bol de udon.

Le cadre se prête bien à la dégustation de vins, ce que les touristes et expatriés japonais qui composent la quasi-totalité de la clientèle, ont rapidement assimilé. Pour ma part, je me contente du seul thé vert disponible, qui n’est pas le plus noble (un hojicha, raillé par les puristes) mais toujours agréable à siroter lorsque le temps se fait plus frais, du fait de sa torréfaction qui révèle de surprenants arômes minéraux. Avec ça, rien ne manque, tout est facile, tout est heureux et je n’ai d’autre pensée que celle d’un plaisir toujours renouvelé.

 

Kunitoraya 2

5 rue Villedo

75001 Paris

Tel: 01 47 03 07 74

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Japonaise
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Samedi 9 octobre 2010 6 09 /10 /Oct /2010 09:44

Juji-Ya 1

Jusque là, je fréquentais exclusivement ce snack/épicerie pour ses friture de légumes (kakiage) et son porc pané que je rapatrie de temps à autres à la maison pour grignoter sur un coin de canapé avec un bol fumant de riz japonais (miracle du rice cooker) de la région de Takayama, cette ville située dans la préfecture de Gifu à laquelle je reste très attaché en raison de ces journées délicieuses passées à marcher dans sa campagne ainsi que ses montagnes, aux pieds du Hotokadake.

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Ce midi, je m’y rendais pour la première fois avec l’intention d’y déjeuner sur le pouce, plutôt au rez de chaussée qu’à l’étage, trop triste et caverneux à mon goût. Là, au bord de la fenêtre, installé à une petite table et non sur le micro comptoir face à une glace, comme ce fut ma première intention, rien d’autre n’arrive que des moments d’une extrême douceur, comme débarrassés de la violence qui les accable, trop souvent.

Juji-Ya-3.JPG

Dehors, on fait déjà la queue, certes bien modeste en comparaison de ce long serpent étiré sur une bonne dizaine de mètres devant Kunitoraya, fameux pour ses tempura.

Comme tout le monde, j’annonce mon choix (un saumon grillé à la sauce miso), comme tout le monde je choisi trois accompagnements qui garniront mon bento (aubergine sauce soja, vermicelles, haricots verts au sésame) et comme tout le monde je m’acquitte d’une somme raisonnable (8,50 euros).

Juji-Ya 4

Ne reste plus qu’à extraire les baguettes de leur étui en papier, les séparer avec ce petit bruit sec caractéristique et manger avec plaisir en regardant le temps qui n’en finit pas de passer, ou plutôt, qui commence, qui commence…

 

 

Juji-Ya

46 rue Sainte-Anne

75001 Paris

Tel: 01 42 86 02 22

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Japonaise
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Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 12:10

Kikou 1

Mon premier est un couple taïwano/thaïlandais ultra sympathique aux commandes d’un comptoir japonisant adorablement regressif et très kawai. Mon second excelle dans le bubble tea dont il propose pas moins de 100 parfums parmi lesquels l’azuki, le taro, le sola (fruit thaï), le caramel, le calpico (boisson à base de lait fermenté), l’aloe vera et toutes les saveurs fruitées courantes imaginables. Mon troisième mitonne des bentos pas ridicules pour un sou, des onigiri, des bouchées nippo/chinoises plutôt délicieuses, des wagashi, des muffins chocolat/wasabi mais encore une poignée de sandwiches vietnamiens. Mon tout est une planète à lui tout seul, une plateforme asiatique, fourmillant d’interconnexions, de ramifications, ou l’on se sent un peu chez soi, la tête déjà ailleurs et un pied en Asie: c’est le Kikoumaru Café.

Kikou 2

On engage facilement la conversation avec Suzanne qui ne se départit jamais de son sourire (le légendaire sourire thaïlandais), on évoque Taipei et ses plantations de thé sur les collines, la bataille qui fait rage depuis des décennies entre la capitale et Taichung, chacune disputant à l’autre la paternité du bubble tea. La conversation glisse naturellement sur la Thaïlande, on évoque les collines du Triangle d’Or recouvertes de théiers, ma petite île favorite, celle Ko Phangan, et oui, parmi tant d’autres choses, le Thaï Iced Tea me manque, c’est une boisson introuvable à Paris, d’une simplicité enfantine à préparer, mais boudée par la restauration thaï. Or, il se trouve justement qu’une des «spécialités du chef» de la maison soit le Thaï Iced Tea. Miracle.

Kikou 3

Je patiente sur un tabouret à regarder des photos légendées de spécialités culinaires s prises en voyage par Suzanne, telle cette clam chowder, une improbable soupe de clams barbotant dans un pain évidé, ou cette imposante brioche au porc dégoulinant de toutes parts, chargée de mille et un ingrédients qui donne l’impression qu’on a vidé le frigo en catastrophe. Je n’ai pas le temps d’avoir définitivement l’appétit coupé qu’arrive déjà la boisson avec la même couleur orangée qu‘en Thaïlande, sa glace pilée et les mêmes arômes de thé rouge battu avec du lait, du lait concentré et beaucoup de sucre. Cerise sur la gâteau, le Thaï Iced Tea est servi avec ces petites billes de tapioca, la signature Kikoumaru. Alors, lorsque Suzanne s’assure que la boisson me plait, je lui assure qu’elle est excellente au point que je n’y trouve aucune différence avec celle sirotée au lever du jour sur un petit marché thaïlandais, et je la rassurée, contente, fière aussi. C’est également ça, Kikoumaru Café, un espace à multiplier les plaisirs, les sourires, les sentiments.

 

Kikoumaru Café

43-45 rue de la Roquette

75011 Paris

kikoumaru-cafe.com

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Japonaise
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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /Juin /2010 15:20

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Avec sa superficie à peine plus grande qu’une boite à bento (40 m2), ses 14 couverts et son choix limité mais pointu de sake, umeshu et autres shochu, le jeune patron de Youlin a réussit à injecter dans son repaire de la butte Sainte Geneviève un peu de l’esprit de l'izakaya japonaise, sa chaleur comme sa convivialité, bien que les plats ne s’y partagent pas, comme le veut la tradition, mais se succèdent en petites portions individuelles. On sentirait presque une pointe de regret, d’amertume dans la voix de ce jeune entrepreneur d’à peine 30 ans formé à Tokyo puis Kyoto aux côtés de l’excellent Eiichi Edakuni, star en son pays et maitre d’œuvre de Guilo Guilo dont Youlin Ly a par ailleurs largement contribué à l‘ouverture lorsque le chef quitta son fief pour ouvrir sur la butte Montmartre son adresse déjà culte. C’est ému, un brin tendu, que Youlin Ly nous promet très prochainement (l’affaire est sur le point d‘être conclue) l’ouverture d’une izakaya du côté de Notre Dame, l‘adresse de la rue Valette devant se convertir en bar à sake. Le sake, Youlin en a fait presque malgré lui sa spécialité et il semble intarissable sur le sujet, aussi vaste nous confie-t-il que l’œnologie. Il n’hésite pas à nous en faire gouter plusieurs variétés dont certains sont servis dans un verre glacé, détail qui force le respect. Si nous ne retenons pas les noms, au moins sommes nous convertis au point de lui arracher le nom de quelques fournisseurs comme Isse ou Sake Bar dont l’offre est selon lui exceptionnelle.

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Les alcools japonais nous accompagnent tout le long du menu Omakasse (8 plats, 35 euros) et se combinent idéalement à cette succession de plats d’inspiration française cuisinés à la manière japonaise. Un dialogue s’articule ainsi autour des boissons qui sont comme des virgules placées au bon endroit et rythment la cadence des assiettes.

La présence des baguettes, la taille réduite des portions a obligé Youlin Ly à repenser les plats. On pense à ces personnes qui bâtissent des voiliers dans une bouteille de rhum. La tâche de Youli Ly et son équipe entièrement japonaise est précise, méticuleuse mais jamais précieuse, démonstrative. On injecte par petites touches des produits de la cuisine japonaise comme de l’huile de sésame (pour certaines cuissons carnées), le ponzu, le karashi ou des agrumes comme le sudachi ou bien l’inévitable yuzu. Les modes de cuissons des viandes et poissons, quand à eux, sont revus à la manière japonaise, qui est l’exact opposé de la notre.

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Le repas fut convaincant sans pour autant nous laisser de souvenir impérissable, ce qui est loin d’être une obligation en soi. A la fois maitrisé et rigoureux, on peut néanmoins regretter que les assiettes soient trop prévisibles, peut-être trop sages. On les aurait souhaité plus énergiques, plus agressives. Mais peut-être le critique fait-il fausse route, qui attend trop d’une cuisine dont l’intention n’est pas de se distinguer par son audace mais de se contenter d’injecter de subtiles touches asiatiques dans les classiques français, art délicat que Youlin Ly et son équipe semblent maitriser parfaitement.

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On peut dire que du premier au dernier plat tout fut savoureux, à l‘exception du blanc manger/mandarine trop convenu. Le menu est refondu chaque mois, avec une inclinaison japonaise plus ou moins prononcée selon les envies de l’équipe en cuisine composée exclusivement de japonais et ce jour là, ça donnait pour commencer, une terrine de légumes à la gelée de ponzu, carpaccio de bar et brochette de melon/parme.

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A suivre, le velouté de carotte à l’émulsion de vanille, l’œuf mollet, asperges et concassé de tomates séchées, le tartare de saumon proposé sur un lit de semoule avec sa mayonnaise de sésame. Toujours d’une grande finesse et œuvrant à tirant de ses ingrédients le maximum de saveurs.

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Le poisson que ma gourmandise m’a fait omettre de photographier (maquereau et ses deux sauces - miso et shiso, qui est le basilic japonais) confirme la belle tenue de ce menu qui déroule ses petits plats sans fausse note.

Youlin-7.JPGUne cuillère de granité menthe/ananas est la bienvenue pour rafraichir notre palais et assurer la transition entre le poisson et la viande, à savoir le magret de canard coiffé de zestes de citron, pommes de terre nouvelles.

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Le blanc manger qui n‘inspirait visiblement pas le chef, met le point final à ce repas impeccable. Dans de telles circonstances, on ne peut que renouveler nos félicitations à cette équipe et longue vie à Youlin appelé à renaitre de ses cendres. On bout déjà d’impatience.

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Youlin

3 rue Valette

75005 Paris

Tel: 01 43 26 05 32

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Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 09:53

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C'est merveilleux, le printemps. On s'extirpe de son bureau, on claque la porte chez soi et on pousse d'un pas nonchalant jusqu'au marché des Enfants Rouges, le plus ancien de Paris, qui doit son nom à l'hospice du même nom dont les enfants portaient un uniforme rouge. On sait avant même de pénétrer sous la halle qu'on déjeunera le plus tranquillement du monde en terrasse, soit à l'une de ces longues tables d'hôte, soit à une petite table coincée dans une allée. C'est même une certitude puisqu'à midi tapantes on passe commande au comptoir ouvert sur la cuisine d'un donburi de sardines, de deux beignets de pomme de terre et d'un thé glacé aux céréales (13,80 euros au total) et qu'une fois muni de notre ticket on s'installe au soleil, au calme, qui n'est pas le moindre des luxes à Paris.

Takeo 2

C'est exactement au moment ou l'on s'empare de baguettes pour les essuyer par précautions dans une serviette en papier, que les souvenirs de l'ambiance fascinante des marchés couverts d'Asie se rappellent à nous. On pense qu'il n'y aurait pas beaucoup à forcer l'imagination pour se croire attablé à Fukuoka, à Bangkok, à Saigon. Et cet agréable sentiment de se communiquer aux doigts qui actionnent déjà les baguettes, portent à la bouche un filet de sardine divin (Takeo, la patronne originaire du Kyushu n'a pas à chercher loin pour se fournir puisque qu'elle pioche ses produits parmi les différents étals du marché couvert.) Le riz est peut-être faiblard (trop cuit, en dehors du coup), les algues, divers ingrédients marins, quelques fèves rassemblées aux extrémités du bol suffisent à rendre ce plat solide et convaincant. Les croquettes au léger goût sucré fondent dans la bouche avec délice quand le thé glacé finit de nous transporter sur ce continent auquel on ne pense jamais sans émotion et qu'on s'apprête à regagner d'ici quelques jours.

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Takeo

39 rue de Bretagne

75003 Paris

Tel: 01 48 04 34 59

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