En ouvrant il y a 3 mois à peine une première enseigne bio et écolo responsable dans le quartier des Grands Boulevards, Green Pizz signe un véritable manifeste visant à redonner ses lettres de noblesse à la pizza, laquelle victime de son succès, n'en finit plus d'être maltraitée, sous estimée, voir injustement mise au banc de la gastronomie. Les 3 camarades à l'origine du projet ont déboulé dans la partie avec une feuille de route exigeante, pensée au détail près, sans concessions ni compromis, dont le jusqu'au boutisme sonnerait presque comme un acte militant, voir révolutionnaire. Pour m'être régalé avec la formule du midi à 16,50 euros (une pizza au choix, soupe ou dessert, boisson), je peux témoigner que les 3 lascars ont remporté haut la main leur pari et que leur entrée sur la scène ouverte de la pizza est tout aussi fracassante que peut l'avoir été récemment celle d'Al Taglio. Aussi, les deux enseignes se complètent, se rejoignent sur certains points autant qu'elles prennent leur liberté sur d'autres, sauf que l'air de rien, elle viennent à elles seules de jeter les bases d'une nouvelle approche de la pizza (saine, gouteuse, respectueuse de l'environnement) et d'en redéfinir l'usage.
Green Pizz est donc la nouvelle adresse sur laquelle il va falloir compter, à l'égal du Kiku voisin chez lequel on pourrait presque avoir notre rond de serviette. Parce que les arômes éclatent en bouche de manière stupéfiante, parce la pâte est croustillante mais également moelleuse par endroits et d'une finesse confondante (mélange de farines bio semi complètes de blé dur, de son et d'épeautre), parce que les ingrédients sont exclusivement issus de l'agriculture biologique ou AOC (ici, l'Osso Iraty, un fromage basque au lait de brebis, chorizo de première qualité tranché fin, une comptée de tomates savoureuse faite maison qui se tient très intelligemment en retrait), enfin, parce que ses recettes sont équilibrées et modérément caloriques (de 20 à 40 % en comparaison des pizzas traditionnelles), Green Pizz pourrait bien être le dernier virus que nous serions heureux d'attraper autant que de transmettre.
Au déjeuner, c'est libre service. On passe en revue les pizzas sur le tableau noir dont le choix est plutôt ramassé et articulé autour de propos cohérents, on commande au comptoir, on règle, on prend couteau et fourchette et on s'installe à une table, sur un petit coussin, dans la salle étroite toute en longueur avec sa déco fraiche, colorée et aérée. Ça ne se voit pas au premier coup d'œil (ni au second, encore moins au troisième) mais sachez que si la cuisine est bio et soucieuse de l'environnement, la salle n'est pas en reste avec son éclairage basse consommation, sa peinture biologique (d'accord, ça peut faire sourire), ses menus en papier recyclé, son tri sélectif des ordures, ses produits d'entretien écologiques, ses conditionnements recyclés ou recyclables, ses livraisons propres (scooters électriques ou vélo), sans oublier l'indispensable potager écolo. Des furieux, vous avais-je prévenu.
La pizza est de forme originale, oblongue, servie sur une plaque d'ardoise, une idée sympa chipée au Troquet, du temps ou Alexandre Giesbert officiait avec le grand Christian Etchebest. On imagine le dessert (la crème au chocolat) accessoire, bâclée et dénuée d'intentions quand en réalité c'est une claque dont on ne se remet toujours pas. Parfumée à la fève tonka (le fève du teck, fameux pour son goût entre la vanille et le chocolat), c'est un régal sans précédent qui donne au chocolat un retour qui tient du miracle. Quand je vous dis que Green Pizz va casser la baraque...
Green Pizz
8 rue Cadet
75009 Paris
Tel: 01 48 00 03 29
www.greenpizz.com