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Jeudi 7 février 2013 4 07 /02 /Fév /2013 18:00

Marché 0

La grande affaire de la matinée, s'immerger dans le marché du quartier de Go Vap situé à même pas cinq minutes à pied de la maison.

Marché 3La Babylone de tout ce qui est comestible, fruits, légumes, tout possède deux pattes ou quatre, tout ce que l'on peut engloutir excepté les tables et les chaises, ce qui vole dans le ciel et ce qui flotte sur la mer, comme on dirait en Chine.

Marché 1

Approche du Têt oblige, on peut lire sur ces pastèques de droite à gauche bonheur, prospérité et longévité. On est forcement tenté d'acheter les trois.

Marche-12.JPGPour le bun bô puisque c'est bien de ce plat totémique dont il s'agit aujourd'hui, on commence par l'ail et les oignons qu'il s'agira d'émincer très fins et de faire frire avec la citronnelle.

Marché 4

Une fois que l'affaire commence à prendre (cette odeur divine qui embaume soudainement la pièce) on ajoute l'émincé de bœuf, une pincée de sel et l'incontournable cube Knorr.

Marché 6

Ayant épuisé hier soir le stock d'ail au vinaigre maison, on se rapprovisionne sans difficulté auprès d'un marchand spécialisé dans les légumes vinaigrés et en saumure. Une fois de retour à la maison on sectionnera l'ail en deux dans la longueur et on ajoutera dans un récipient deux variétés de carottes (orange et blanche), de l'eau et un soupçon de vinaigre blanc. En parallèle on commence de préparer la sauce qui va venir nourrir les bun, ces succulents vermicelle de riz blancs comme neige, en portant à ébullition de l'eau, du sucre auxquels on ajoute la sauce poisson. Enfin, dans une coupelle on verse le piment frais haché très fin.

Marché 5

Au moment de servir, on garni le fond du bol de germes de soja, d'une poignée de feuilles de salade et de menthe sectionnées au ciseau puis au moment de servir on se gardera d'oublier (comme ce fut notre cas) la jubilatoire cuillère de cacahuètes concassées et torréfiées dans la matinée. Ça paraît simple et exquis? Ça l'est.

Marché 9

A peine englouti le bol, on file retrouver Phong non loin de là, un ancien mannequin reconverti dans les affaires, heureux propriétaire de deux commerces plutôt florissants (une boutique de vêtements et ce café qui précise-t-il a lui seul rapporte la bagatelle de 100 dollars par jour).

Marché 7

Phong qui a déjà dans son collimateur d'autres investissements est surnommé par ses amis Tho (lapin) du fait de son extrême gentillesse et de sa grande douceur.

Marché 8

Le soir, c'est une spécialité propre au sud, très populaire dans le delta et familière des ménages, un de ces plats qui n'a pas la faveur des restaurants et donc relativement rare à l'extérieur. Ca muoi sa ot, autrement dit, mot à mot, poisson/sel/citronnelle/piment.

Marché 10

Très simple à réaliser, il suffit de faire mariner des morceaux de poisson préalablement incisés avec de la citronnelle, de l'oignon, de l'ail tous trois scrupuleusement hachés, d'ajouter du sel, du poivre, du piment et, ingrédient indispensable, de la poudre de curcuma.

Marché 11

On mélange, on laisse travailler une petite demi heure puis on poêle à feu très doux jusqu'à ce que l'extérieur soit bien croustillant; et sans modération on savoure.

 

Par Foodinandout - Publié dans : Vietnam
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Mercredi 6 février 2013 3 06 /02 /Fév /2013 18:00

N-1-copie-1.JPG

Ngo et Huyen. Le frère et la sœur. Le ciment de la famille. L'homme d'affaire et la cuisinière hors pair.

(N 3)

La maison n'a pas changé, excepté deux décédés, lesquels feront brièvement leur retour la veille du nouvel an pour une visite éclaire de 4 jours avant de retourner dans l'au delà.

N 8-copie-1

On se réjouit de leur venue prochaine. L'autel des morts au premier étage croule déjà sous les offrandes et les fleurs. Les vivants et les morts. Le cercle de la vie, comme dirait Ngo.

N 7

Derniers préparatifs avant la fête du Têt. On ne fait pas dans l’extravagance. On a déjà la tête ailleurs. On cuisine simple, léger et comme à d'habitude intégralement maison avant le grand plongeon, l'orgie superbe.

N 2

Une soupe d'igname (khoai mo) immédiatement reconnaissable à sa couleur violacée naturelle.

N 4

Une soupe hu tiu et son bouillon qui a cuit une petite heure, surveillé, goûté, sans cesse amélioré; plaisirs simples, joies immenses.

N 5-copie-1

Un avant dessert:des œufs au lait coulés dans la noix de coco qui ont cuit avec son jus. Un bonheur tout droit sorti d'un rêve.

N 6

Et la surprise de milieu de soirée, le fameux suong sa hat luu, tapioca, pâte de haricot, lait de coco maison (chaire râpée enroulée dans un chiffon trempé dans l'eau puis pressé au dessus d'un récipient), sucre, glace et agar agar qui ferait presque venir les larmes aux yeux.

N 9

 

Par Foodinandout - Publié dans : Vietnam
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Mardi 5 février 2013 2 05 /02 /Fév /2013 23:55

M 1

C'est l'histoire de deux garçons, Samuel Maruta et Vincent Mourou qui n'y entendaient goutte au chocolat (l'un travaillait dans la pub, l'autre à la Société Générale), rencontrés au Vietnam lors d'un bivouac et qui ont réalisé le pari fou de produire et distribuer un chocolat noir artisanal d’exception garanti pur origine Vietnam. Étrangement, au Vietnam où ne manquent pas les fèves de cacao, aucun chocolat n'y a jamais été produit, l'Afrique de l'ouest et l'Amérique du Sud captant encore aujourd'hui toute toute l'attention.

M 3

C'est maintenant chose faite avec la marque Marou basée à Saigon, forte déjà de six tablettes d'un cacao cultivé sur des petites parcelles au milieu des terres très fertiles du delta du Mekong et d'une poignée d'autres provinces vietnamiennes situées plus au nord. Comme me l’explique Samuel Maruta sur le chemin de la fabrique située dans le quartier de Thu Duc, l'idée de départ, sachant que les fèves n'ont pas le même goût d'une région à l'autre était de préserver et faire connaître les différentes saveurs des différentes origines d’où le choix de produire des tablettes par province.

M 4

Déjà espoir de la chocolaterie française du Salon du chocolat 2012 le chocolat Marou fait le bonheur des palais exigeants qui louent son absence d'amertume, son acidité, sa belle onctuosité en bouche, ses notes fruitées et acidulées (Ba Ria 76%), les notes très ''chocolatées'' du Lam Dong 74% ''avec son goût de 4h00 comme lorsqu'on était petit'', celles plus complexes au goût de noix, d'herbe, de miel et de cannelle du Tiên Giang 70%, qu'on appréciera encore mieux la bouche bien reposée ''de préférence en s'étant abstenu de boulotter une phô bien épicée''.

M 2

Courtisée depuis peu par le Japon, présents dans les hôtels de luxe, les boutiques, épiceries fines du Vietnam et d'ailleurs (Europe, États-Unis, Australie, Singapour et Hong Kong ''le succès à l’export a été très rapide et dans la foulée nous avons été reconnus et acceptés par des gens qui restent pour nous des modèles'') forte de tablettes somptueuses emballées à la main dans un papier kraft imprimé artisanalement d'après les techniques de la sérigraphie semblent s'épanouir telles des fleurs fraîchement coupées, l'affaire tourne bien et semble se développer à la vitesse d'un vent de mousson.

M 9

'' On en a fait du chemin en deux ans quand on pense que les premiers tests ont eu lieu chez moi avec ma gazinière en guise de torréfacteur et ma centrifugeuse qui servait de broyeur ! Aujourd'hui, malgré un investissement conséquent dans du matériel de pointe (à l'exception de ce torréfacteur datant du début des années 30 acheté sur ebay dont on espère que jamais ils ne se sépareront), la production reste très manuelle.

(M 10)

  ''Malgré notre professionnalisme on travaille encore avec des bouts de ficelles !''

M 5

500 tablettes par jour, 1 tonne de chocolat produite par mois, des centaines de moules entreposés dans le labo, afin de répondre à la demande croissante, la petite équipe de Marou (12 personnes au total) attend ces jours-ci de nouvelles machines, principalement des mélangeurs.

M 6

Pour Samuel Maruta ,Vincent Mourou et leur équipe, l'aventure ne fait en réalité que commencer !

 

Marou

www.marouchocolate.com

 

Par Foodinandout - Publié dans : Vietnam
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Lundi 4 février 2013 1 04 /02 /Fév /2013 16:50

V 4

Normal que les souvenirs du Vietnam aient roulé jusqu'à mes pieds dès que je remis ce matin les pieds dans Saigon après une poignée d'années durant laquelle je la tins sans raison particulière entre parenthèses.

V 3

La fête du Têt que je m'apprête à passer comme dans le temps dans la famille, dans la joie, les rires, la tendresse et l'abondance de plats mitonnés maison a généré une foule de souvenirs plus lumineux les uns que les autres, lesquels entrelacés font un un joli ruban qu'il me plaît de défaire exactement deux petits jours avant les retrouvailles.

V 5

Plutôt que de rendre compte dans ces pages du bond vertigineux qu'a opéré le Vietnam durant ce laps de temps, de la métamorphose de Saigon et des derniers restaurants tendance de la capitale, il s'agira au contraire d'ouvrir grand son cœur et de tenir le journal de bord des réjouissances culinaires qui fleurissent en cette période et de la vie quotidienne dans une maison des faubourgs de la capitale à l'approche du nouvel an avec toute l'excitation, l'émotion et les préparatifs que cela implique.

V 6

Quelques images, donc, jetées en guise de préambule.

V 1-copie-1

Par Foodinandout - Publié dans : Vietnam
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Dimanche 3 février 2013 7 03 /02 /Fév /2013 19:00

(AB 7)

Une vraie journée détox qui après un jus de pomme/gingembre/miel avalé au Blue Pumpkin en guise de petit déjeuner se poursuit dans la rue avec des personnes brûlant des objets votifs en papier ou comme ici des papiers-monnaies (des répliques de dollars) destinées au génie tutélaire de la maison, exactement le type de scène que je m'attends à retrouver dès demain au Vietnam à l'occasion du Têt, le nouvel an vietnamien.

(AB 10)-copie-2

La ville toujours investie d'hommes et de femmes vêtus de blanc, arborant le ruban de deuil à l'effigie de celui qu'on appelait ''monsieur papa''ou encore le ''roi dieu'', reste plongée dans un silence tel que chose improbable en temps normal, on peut entendre aux alentours du palais royal les oiseaux changer. De mémoire d'homme à Phnom Penh on n'a jamais connu ça.

AB 8

A une dizaine de minutes de marche du palais, rue 240, la séance détox se poursuit (histoire de se remettre d'une première prise forcément involontaire de glutamate qui rappelle les pires souvenirs de Malaisie et des Philippines) chez Naturae, le café restaurant 100% bio attenant à l’excellent boutique hôtel The 240. L'une des rares adresses encore ouverte en cette période de deuil national.

AB 11-copie-1

Petite carte bien pensée autour de soupes, pâtes, sandwichs et salades dans une forme épatante comme en témoignent les photos.

AB 12

AB-13.JPG

On notera les shot de spiruline mais également l'initiative maison originale et pas nécessairement partagée par tous de servir une carafe d'eau fraîche infusée au... persil, carotte, basilic, citron vert... et j'en passe. La drôle d'idée, limite imbuvable.

(AB 9)

 

 

Naturae

Rue 240, numéro 83

www.asiabio.asia

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cambodge
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