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Cuisine Japonaise

Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 13:26

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Il était une fois une jeune et adorable cantine japonaise saine et sagement métissée dont Lami, originaire de Corée serait en quelques sortes la fée. Vous la verrez plus souvent de dos que de face, affairée dans sa cuisine minuscule, mais sachez que chacun de ses rares passages en salle est toujours un enchantement comme lorsqu'elle nous raconte avec un sens du récit inouï l'origine de cette surprenante infusion au sarrasin dont je me régale, récoltée dans le jardin maman, grillée avec amour dans la cuisine de celle-ci.

Tokki donc, on s'y régale sans se ruiner d'une formule midi (plat/dessert/boisson) échelonnée entre 11,50 et 15,50 euros.

C'est classique (bentos , katsudon de poulet, nouilles sautées, soupes) mais solide et bien troussé. Toujours frais, gouteux et soigné. Ce midi, le saumon cuit «à la japonaise», bien saisi à l'extérieur, cru à l'intérieur était délicieux, tout autant que pouvait l'être la sauce Teryaki douce et légèrement sucrée qui accompagnait le poisson plutôt qu'il n'en étouffait le goût, vertu qu'il serait bien temps de mettre en pratique dans notre cuisine occidentale.

Tokki 2 Bis

Les desserts ont le goût du voyage et de la mixité (cheese cake soja aux fruits de saison, pannacotta selon l'humeur au thé vert, au thé au jasmin..., blanc manger au lait d'amande, sirop de koji et kiwi et autres fianciers au thé vert). On peut tout autant les déguster en fin de repas que l'après midi autour d'un thé dont la carte est également soignée: thé vert aux pétales de riz, thé vert gillé «Uji cha», Uzu cha (thé à l'orange macérée et au miel), ginseng rouge...

Tokki-3.JPG

Les personnes soucieuses de leur ligne apprendront avec intérêt qu'un menu allégé en matières grasses est à l'honneur chaque vendredi. Ou comment joindre l'utile à l'agréable.


 

Tokki

10 rue de la Boule Rouge

75009 Paris

Tel: 01 45 23 18 80

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Japonaise
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Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /Avr /2010 13:02

Je me sentais mieux que la veille mais j'avais toujours de la température. Voulant nettoyer mon corps moite de transpiration, je réussis tant bien que mal à quitter mon lit. Le plafond tanguait. Mes bras et mes jambes étaient bizarrement légers et cotonneux, et je n'arrivais pas bien à garder l'équilibre. Mais ce n'était pas vraiment désagréable: la gourmandise plutôt qu'une faim de loup me commandait de sortir et de pousser la porte de ce restaurant japonais auquel je pensais sans relâche entre mes périodes de sommeil. Quitter l'appartement me ferait le plus grand bien et achèverait de me remettre sur pied, j'en étais certain. Je suis arrivé jusqu'à la salle de bain en me cognant à toutes sortes de choses, coussins, poubelle, coin du lavabo, et j'ai pris une douche.

Ensuite, j'ai avalé péniblement deux tranches de pain qui avaient perdu toute leur fraicheur. Dehors, le temps était triste et froid. Il y avait longtemps que je n'avais pas entendu le bruit de la pluie. Je ne cessais d'entendre un léger bruit, comme de petites bulles qui éclatent. Je me demandais avec étonnement comment j'avais pu dormir autant. J'avais l'impression de flotter sur une mer à la limite du sommeil et de l'éveil. Je ne me souviens pas vraiment de mon trajet, si j'ai pris le métro ou un taxi.

Kiyo 1

C'est comme si j'avais été aspiré pour être recraché devant la porte de Kiyomizu qui occupe depuis l'été dernier l'espace du mythique Kinugawa 2. Le décor n'avait pas subit de transformations flagrantes. L'esprit traditionnel raffiné avait été préservé. Les teintes caramélisées, l'intérieur sobre de bois clair ainsi que d'élégantes dalles de pierre rassuraient, faisaient de ce lieu un territoire hospitalier, soigneux, doux et libre.

Kiyo 2

J'entamais le menu dégustation à 40 euros en accordant toute mon attention aux arômes de chaque ingrédient, à leur texture. Je pris tout mon temps pour les apprécier. Je laissais ce thon cru le plus succulent, le plus fondant qu'il me fut jamais offert de goûter, faire le tour de mon corps, ainsi que ce poisson que j'ignorais jusqu'alors, - la sériole – qui chacun à sa manière faisait le tour de mon corps jusqu'à imprégner le fond de mes oreilles. Par moments, je fermais les yeux pour me concentrer. Le boeuf, les tempura, le saumon, le parcours était fléché mais sans embuche, une manière de voie royale.

Kiyo 3

Kiyo-4-bis.JPG

Parvenu au dessert (raviole de tapioca à la fraise, poudre de soja grillé, caramel de cassonade), j'avais l'impression d'être engourdi. Mais cette fatigue ne m'était pas désagréable. Plongé dans cet engourdissement jusqu'à en être totalement submergé, je me sentais même très bien. Si bien que je crois avoir marché longtemps, très longtemps dans la ville grise.

Kiyo 5
 

Kiyomizu

4 rue Saint Philippe du Roule

75008 Paris

Tel: 01 45 63 08 07

www.kiyomizu.fr

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Japonaise
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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 08:40

Toraya 1

Au Japon, la famille, les amis d'Hiromi se retrouvent après le travail sous les cerisiers dont la floraison atteint ces jours ci sa pleine puissance. Cette jolie et poignante manifestation de l'éphémère auquel les japonais sont très attentifs est attendue chaque année et appréciée au point que l'on se presse en masse sous les arbres, dans les allées qui succombent au sakura zensen, ce front des fleurs de cerisiers dont l'agence nationale de météorologie relaie en permanence l'avancée du nord au sud, d'Okinawa à Hokkaido. A Paris, le salon de thé japonais Toraya (le premier à Paris à avoir ouvert ses portes en 1980), dont la carte de wagashi - les pâtisseries japonaises traditionnelles - est comme il se doit rythmée par les saisons, célèbre à sa manière cet événement avec quatre Namagashi (gâteaux frais de saison) qui soulignent combien l'aspect visuel dans la gastronomie japonaise importe tout autant que le plaisir gustatif.

 La première semaine, mon choix se porte sur l'intrigant Tôzakura (horizon de cerisiers en fleurs: truffe de vermicelles blancs et rose en azuki blancs, fourrée à la pâte d'azuki rouges entiers). Celui-ci fond dans la bouche sans impressionner ni convaincre. La semaine suivante, le Sakura Mochi (délice de cerisier: fine crêpe de farine de riz fourrée d'azuki rouges en purée, recouverte d'une feuille de cerisier), ravissant au point d'en faire scintiller les yeux d'envie, s'avère bien plus réjouissant pour mon palais qu'il parvient à enchanter au point que les saveurs semblent comme fixées pour longtemps sur le bout de ma langue.  

Toraya 2

Ce même jour, je quittais le très respectable salon de thé Toraya pour traverser la Seine et me rendre à la Maison de la Culture du Japon - sorte de nuage posé sur les quais – ou j'assistais pour la première fois à une représentation de Rakugo. C'était au milieu de la scène nue, un conteur assis sur un coussin, en seiza. Vêtu d'un kimono, ce dernier n'a pour accessoire qu'un éventail et un essuie main qui l'aident à évoquer les situations ou les objets les plus divers. Par exemple, l'essuie main deviendra un livre, une lettre quand l'éventail suggérera le pinceau, la pipe à tabac, la canne à pêche ou les baguettes. Malgré cette sobriété, le maitre de cet art de la parole, incarnant à la fois le locuteur et l'interlocuteur, parvient sans peine à faire surgir une multitude de personnages du petit peuple de l'ère Edo. Incarnant tous les rôles, il passe de l'un à l'autre en modifiant sa voix, en tournant la tête, d'un simple geste. 

Rakugo

Le Rakugo puise ses origines dans les textes sacrés desquels il a fini par s' éloigner pour privilégier une narration plus distrayante, résolument ancrée dans le profane. Des salles spécialisées (yosen) ouvrirent un peu partout, permettant aux fonctionnaires, petits-bourgeois et gens du peuple de se détendre en riant tout en appréciant les performances du conteur dont les histoires sont bien connues de tous. En effet, on ne vient pas tant au Rakugo pour les histoires que pour la manière dont celles-ci sont narrées, pour les performances d'acteur. C'en était, au fil de cette soirée riche en surprises, la belle illustration.


 

Toraya

10 rue St Florentin

75001 Paris

Tel: 01 41 60 13 00

http://www.toraya-group.co.jp/paris/index.html

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Japonaise
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 13:40



Première enseigne européenne de la branche Nichigekka Ginza du groupe Ramla, Oto-Oto fait partie de ces restaurants sur lesquels il est difficile de porter un avis tranché et qui peuvent autant laisser un goût amer que combler.
Reconnaissons lui néanmoins le mérite de générer des réactions, de ravir comme de déconcerter.
La seule lecture de la carte témoigne de ce parti pris qui n'est pas toujours des plus heureux. On y voit son chef Yatawaga (second couteau de Bruneau à Bruxelles et de Bernard Loiseau à Saulieu) hésiter entre une cuisine reproduisant les classiques fondamentaux de la cuisine japonaise (katsudon, omburi, tempura) tout en s'engouffrant dans les brèches d'une cuisine plus sophistiquée (assortiment de petits plats variés et dits «créatifs», somme toute assez stériles, dépourvus de vision d'ensemble et dénués d'intention).



Aussi surprenant que cela puisse paraître, la maison s'accommode plutôt bien de ce manque d'ambition et de vision d'ensemble, à l'image de son menu Zen de Daimo (28 ), soit 7 petits plats précédés d'une salade aux écrivisses et épaulés d'une soupe miso et d'un riz blanc. Pâté d'aubergine, lamelles de foie gras, croustillant de porc, saumon grillé mariné, tempura... rien de bien surprenant dans cette composition, rien de fulgurant, seulement cette dernière parvient paradoxalement et sans l'ombre d'un effort à tirer le meilleur parti de cette étonnante absence de propos et de prise de risque. On n'y trouve rien de honteux, çà s'avère au final assez plaisant mais on ne déborde pas de joie pour autant.
En appui, le sencha Jugetsudo, facturé sans complexe 5,5 euros et comble de la mesquinerie, proposé en sachet individuel.
On notera que sue le même model, le menu du soir "Oto de Rencontre", culmine à 39 euros et que les formules changent tous les mois.





Oto-Oto
6 rue du Sabot
75006 Paris
Tel: 01 42 22 21 56
http://www.ramla.net/luxury_restaurant/otooto_PARIS/

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Japonaise
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 08:35
Ouvert en 1972, Hanoufa figure parmi les plus anciens japonais de Paris, c'est également l'un des très rare établissements à proposer une véritable cuisine Teppanyaki (sur plaque chauffante) collant au plus près de la tradition.
Dans un cadre aéré ou l'omniprésence de matériaux à la légèreté, la vacuité toute orientale tempèrent l'espace, et sous le regard bienveillant de serveuses en kimono traditionnel, on est heureux d'y observer les maitres cuisiniers dispenser leur art avec sérieux et conviction dont l'un des climax - réplique incontournable et attendue de cette grande pièce en trois actes - est assurément celui ou ils affutent les lames de leurs couteaux avec cette concentration, cet esprit calme, sous contrôle, dont le geste fait surgir dans notre imaginaire celui des samouraï d'antan aiguisant les katana, ces armes blanches tel le sabre, ultra tranchantes.
Entre le maitre cuisinier et nous, une grande table chauffante que se partagent plusieurs hôtes. Au centre, les ingrédients (soja au sésame, champignon, tofu, omelette, canard) qui se dressent, se soulèvent pour une dernière danse hypnotique et dégagent déjà, après une ultime giclée d'huile de soja, de prometteuses saveurs. Immédiateté de la cuisine préparée devant soi, mobilisation ininterrompue de nos sens, interaction, sensation de justesse, de vérité, à des années lumière de ces jonglages et autres pitreries aussi vaines que complaisantes visant à charmer les dineurs incrédules, à épater le touriste, tompeuse illusion, blashématoire s'il en est.

 


Ici, la performance du cuisinier se résume à l'essentiel: sélection, découpe (bocho), cuisson, le tout assaisonné d'un soupçon de spectacle, de virtuosité dans son traitement. Le résultat est à la hauteur des efforts fournis lequel sans marquer au fer blanc notre mémoire trouve naturellement sa place dans cette boite de pandore abritant tous ces petits moments délicieux ceuillis plutôt qu'amassés au grès des jours.
Le menu choisi ce midi était celui à 28 euros, s'ouvrant sur une soupe miso, une séduisante salade parfumée aux agrumes et se poursuivant avec un California maki avant d'atteindre sa destination finale, le canard cuit sur plaque accompagné de légumes également saisis et de riz.
Une pause dans le temps, un souffle, être et avoir été.



Chez Hanafousa
4 passage de la Petite Boucherie
75006 Paris
Tel: 04 46 33 78 61

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Japonaise
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