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Cuisine Italienne

Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 11:53

Soient 14 couverts tenant par miracle dans le carton à chapeau d'un charmant passage du Faubourg Saint Antoine. Ajoutez-y 1 ex sous-chef du Relais Plaza, 2 jeunes femmes attentives, la première à l'œuvre dans la cuisine ouverte sur la salle, posée, concentrée, mitonnant en direct des plats limpides d'une juste clarté et dont elle capte l'essence avec la sagesse d'un moine zen tandis que la seconde - un peu fée par moments – coiffe les plats de ces ultimes touches indispensables que sont ici un filet d'huile d'olive, là une touche de parmesan râpé ou bien une pincée de thym.


Comptez ce midi sur 9 entrées et plats s'échelonnant de 5 euros (délicate, simplissime et bienvenue soupe de carottes aux amandes) à 17 (palette de bœuf et pommes de terre rôties), notre gourmandise nous portant plutôt sur les lasagnes au potimarron, saucisse et romarin (12 euros) hésitant intelligemment entre le piquant de la saucisse et la douceur discrète de la courge, et les penne alla norma et ricotta (12 euros) dont la sauce, très parfumée et adoucie par quelques touches sucrées développe en bouche la fraicheur, la rêverie ensoleillée du bassin méditerranéen, cette espèce de fanfare molle pour le mouvement de ses ports, l'ailleurs.
Des desserts à 4,50 et une vérité toute simple qui se retrouve dans la moindre assiette sans stupeur tremblement.




Caffe dei cioppi
159 rue du Faubourg Saint Antoine
75011 Paris
Tel: 01 43 46 10 14

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Italienne
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 12:14


Massimo Rizzo, le patron multo simpatico de Croccante, c'est un peu Gargantua en gants de velours. Ou la promesse d'un repas «pauvre mais riche», sicilien jusqu'au bout des ongles.
De la Sicile, il sera question dans le moindre intitulé de la carte mince mais affolante qui musarde entre les différentes provinces, piochant subtilement dans la géographie tourmentée de cette île posée entre trois mers ou au cours des siècles grecs, puniques, normands, romains, arabes, espagnols et français ont laissé une empreinte à la fois colorée, variée et fastueuse dans la culture gastronomique.
La «Pasta malerba» (12 euros) en est un bon exemple avec son pesto maison à base de céleri, ail, carottes, tomates confites, amandes, marjolaine, romarin, thym, sauge, menthe et tutti quanti... Les «taglioni ammuddicati con bottanga di tonno» (14 euros), œufs de thon séchés et salés avec une chapelure toastés, tomates cerises, oignons bâton, pignons de pin, raisins secs, persil, citron soulignent une nouvelle fois la dette que doit la cuisine sicilienne aux influences extérieures.
Riche en saveur, généreuse, un brin fantasque (ces mémorables «maccheroni siciliani» artisanaux aux gambas et saupoudrés de pistache), Massimo, secondé en cuisine par sa femme Deborah, ne la conçoit pas autrement.


Au point que la petite cantine qui fait également office d'épicerie de poche ne désemplisse pas, alléchés que nous sommes par exemple par cette ahurissante assiette d'antipasti au prix doux, limite fondant de 10 euros, à partager à deux, vrai tire larmes s'il en est avec ses courgettes à l'huile craquantes, ses oignons cuits au four à l'huile d'olive et au vinaigre, ces tomates cerise de Pachino, sa mozzarella di bufflone en tresse remplacée par des billes lorsque celle-ci vient à manquer. On craque également par anticipation pour la poutargue de thon à la sauce aux haricots blancs proposée au petit bonheur selon l'humeur de Massimo, une spécialité à base d'œufs de thon sicilien salés, séchés et préssés (plus maigre que ceux péchés dans le nord de l'Europe) à déguster râpés. Il fonctionne comme ça, Massimo, à l'instinct, au sentiment.


Aussi, vous sortez d'un spectacle et débarquez à plusieurs, l'estomac dans les chaussettes et sans crier gare alors que s'achève le dernier service. Inutile de demander la carte, le bonhomme se charge de vous rigoler de pâtes préparées de main de maitre et servies sans faire de manière, comme à la maison, dans un grand plat fumant. Pour arroser ce festin, on se laisse tenter par un de ces vins puissants et denses comme ce blanc de la région d'Alcamo, ces rouges de la partie méridionale de l'île, ceux plutôt charnus produits sur les pentes de l'Etna obtenus à partir de raisins riches en nutriments favorisés par le terrain volcanique.
Pour peu qu'on pousse le vice à ramper jusqu'à la carte des desserts, on passera commande dans un filet de voix qui sera un peu notre dernier souffle, d'une glace artisanale croustillante (5 euros), d'un tiramisu également croustillant ou d'une crème de mascarpone à la liqueur de Maraschino avec ses biscuits amaretti concassés, menthe, pistache, raisins secs, éclats de chocolats noirs (7 euros). Rendez-vous est pris pour la prochaine fois, après avoir pris la précaution de zapper l'entrée !

 



Croccante
138 rue de Vaugirad
75015 Paris
Tel: 01 47 83 37 28

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Italienne
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 08:00


 

C'est à la Coopérativa Latte Cisternino de la rue Geoffroy-Saint Hillaire que j'ai fait l'acquisition de ma toute première burrata, la fameuse, qui est un peu à la mozzarella ce qu'est le San Daniele pour tout amateurs de jambon cru qui se respecte. Soit un fromage de lait de vache ultra frais, fabriqué dans l'extrême sud de la péninsule, variante enrichie de la mozza dont au centre est nichée de la crème fraiche et qui doit impérativement être consommé dans les cinq jours puisqu'il n'a subi aucune maturation (vaine précaution qui ne s'applique pas à des gourmands comme vous et moi !)
Autant le dire tout de suite, la burrata ne court pas les rues. Curieusement absente de la carte de la plupart des restaurants italiens, y compris des plus renommés, c'est à la Crémerie, rue des Quatre Vents que j'en ai fait la découverte, sans pour autant y goûter car celle-ci avait un prix, et quel prix.... 24 euros. La bonne blague. Et le patron voyant mon malaise d'ajouter pour me rassurer: «Je la sers habituellement pour deux personnes.»
Pas vraiment convaincu par le montant extravagant proposé par la Crémerie, et de plus en plus alléché par la burrata, laquelle n'en finit plus de se faire désirer, je décide de jeter un œil sur internet ou j'apprends, à ma grande surprise qu'une coopérative italienne disséminée un peu partout dans Paris, la bien nommée Coopérativa Latte Cisternino, fournit la Crémerie...
Ni une, ni deux, je fonce à la Coopérative la plus proche de chez moi bien décidé à me procurer ce morceau de paradis, ce Graal qui a bouleversé l'existence de plus d'un internaute.
Hormis quelques posters et cartes postales punaisés au mur qui donnent un peu de chaleur à l' espace, la Coopérative est d'une grande austérité en comparaison des traiteurs italiens dont nous sommes coutumiers.


Les tarifs pratiqués (et c'est la première bonne surprise) tendent également à une certaine austérité (juqu'à deux fois moins cher qu'ailleurs). Ici (et c'est la deuxième bonne surprise), pas d'éventail d'antipasti livrés en boites et monopolisant la vitrine réfrigérée, pas de plat cuisinés, mais un choix minimaliste de pâtes fraiches, des pâtes dures, cinq variétés de mozzarella de la bufflone à la tresse en passant par la fior di latte, de la charcuterie, du beurre, des fromages, de la purée de tomates cerise et j'en passe, le tout à un prix ultra raisonnable défiant toute concurrence enfin, détail qui a son importance, servi par un italien adorable et toujours prêt à pousser la chansonnette.
Vous l'aurez compris, nous ne sommes pas ici chez un quelconque traiteur italien mais bien dans une véritable latteria travaillant avec des petites fermes.
Et notre burrata, alors? Troisième et dernière bonne nouvelle, elle est là, elle baigne dans l'eau, non pas vêtue de sa célèbre feuille de jonc, mais à poile dans son emballage. Son coût? 5 euros les 400 grammes, loin, très loin des 24 euros de la Crémerie... Au passage, j'apprendrais qu'elle est produite dans une ferme à proximité de Corato et que son arrivage a lieu le jeudi...
Une fois rapportée à la maison, j'ai bien une petite idée sur comment la déguster... C'est tout naturellement que je la dépose au fond d'un plat creux, histoire que la beauté s'aère, se détende (au propre comme au figuré) et s'affaisse légèrement, libérant déjà un peu de son nectar lacté...
Vous l'aurez compris, la burrata est un produit charnel sinon érotique. On ne le pique pas avec une fourchette mais on le pénètre délicatement avec une cuillère, on pousse dans la chaire pour y progresser avec émotion et atteindre le cœur, cette poche crémeuse qui libère son trésor à flots contenus...


On peut la consommer sucrée, avec par exemple une confiture d'agrume, on peut l'apprécier sur une tranche de pain ou arrosée d'huile d'olive, pour ma part, je l'accompagne d'une petite de salade de roquettes saupoudrée de parmesan et de courgettes grillées. Je prends bien soin auparavant de la gratifier d'un trait généreux d'huile d'olive et de d'un tour de moulin à poivre et c'est quoi tout cela sinon un moment de grâce, de bonheur intense?

 


Coopérativa Latte Cisternino
1- 46 rue du Faubourg Poissonnière, 75010 Paris
Tél : 01 47 70 30 36
Métro Bonne Nouvelle
2- 108 rue Saint Maur, 75011 Paris
Tél : 01 43 38 54 54
Métro Parmentier
3- 17 rue Geoffroy-St Hilaire, 75005 Paris
Métro Censier-Daubenton
4- 37 rue Godot de Mauroy, 75009 Paris 

Métro Havre-Caumartin 
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 13h30 et de 16h30 à 20h.
Fermé le dimanche et lundi

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Italienne
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /Sep /2009 08:00

 

J'attendais beaucoup de cette pizzeria réputée impeccable et déjà incontournable, nouvelle adresse de son patron, Tahar, célébré rue des Dames pour ses pizzas livrées dans l'ouest de Paris mais aussi à emporter ou consommer sur place.

Emporté dans son élan et peut-être un peu grisé par le succès, Tahar a vu grand et a envoyé aux oubliettes cette non-déco légèrement pouilleuse caractéristique de son premier restaurant, pour s'offrir un restaurant, un vrai de vrai, aux pieds de Montmartre avec une salle élégante au décor contemporain dans les gris noir, vaisselle de marque et ouverture donnant sur la cuisine.

Si la carte est moins délirante que celle de la rue des Dames mais tout aussi élastique, on retrouve ce classement par base (tomate, crème) et cette grande variété de produits quoique attendue ou chacun est susceptible de trouver son bonheur.

Certes, Tahar s'est donné beaucoup de mal, seulement le résultat n'est pas à la hauteur de nos espérances. La bruschetta est une bonne entrée en matière avec sa mozza fondante, sa persillade et ses légumes et cette salade rafraichie d'un trait de sirop balsamique-framboise qui est un peu la signature de la maison. C'est ensuite que les affaires se gâtent, avec une pizza di Bandiera (13,50 euros) figée, sans relief et sans percussion malgré le gros travail du concassé de tomates marinées et cette touche d'huile d'olive aromatisée au vinaigre balsamique. La mozza di Buffala est délicieusement fondante mais servie en trop faible quantité, la roquette poivrée, pimpante, également.


Formé directement à la source, soit de l'autre versant des Alpes, le maitre des lieux aurait remporté récemment le titre (discutable) de la meilleure pizza de Paris. De quoi s'étonner au vu de cette pizza cuite au four électrique qui n'exprime à peu près rien en bouche et dont la pate, d'une platitude égale sur toute sa surface, n'accroche pas le palais et brille par son austérité.

Une Juliano avec artichauts, champignons, poivrons, oeuf et coppa ou bien la Suprême avec ses lardons, son magret de canard, sa crème fraîche et ses champignons provoqueraient chez certains des réactions autrement plus enthousiastes, quoique les (gros) moyens mis en œuvres ne changeraient en rien les ratés de la pâte qui reste la base de toute pizza, la charpente garante de son équilibre, de son unité et pour tout dire, de sa légitimité.


Alice Pizza
4 rue Dancourt
75018 Paris
01 42 54 29 20

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Italienne
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 08:36



Une pizza à 20 euros en moyenne, mais on est ou là?

Dans le 6ème arrondissement, à Pizza Chic. Tout un symbole.

Curieux de connaître les origines d'une telle extravagance, j'ai pris place à mon tour sur l'une de ces tables nappées de blanc, entre deux couverts en argent, cadrant idéalement avec cette déco industrielle en noir et blanc à la new-yorkaise.


Une lecture approfondie de la carte aux tarifs très pucnhy et un brin de causette avec le chef m'apprennent que la pâte (mélange de farine de blé, de soja et de son) bénéficie d'un empattement à fermentation lente de cinq jours au minimum, d'où ce croquant et ce moelleux qui feraient toute sa différence. Mieux, la maison n'utilise que des produits de premiers plans comme la mozzarella di buffala, les olives taggiasche, le stracchino (fromage italien au lait de vache) ou ce jambon de Parme de dix-huit mois d'affinage, lesquels sur le papier font bel effet. Quand à la pizza, elle est bien entendu cuite au feu de bois, mais à ce prix là on l'aurait difficilement imaginé séjourner dans un pitoyable four électrique.


Parce qu'il est difficile de rater son coup dès lors qu'on gratifie sa pizza d'une vraie mozzarella di buffala, j'opte pour la Prosciutto (22 euros) avec son mélange de vache et de buffle qui me fait déjà saliver.


Hélas, dans l'assiette ce n'est plus du tout la même musique... Si j'apprécie tout particulièrement la croute légèrement brulée, la qualité du jambon de Parme affiné 18 mois et cette note de fraicheur provoquées par les tomates cerises; la pizza patauge dans l'insignifiant, fait du sur place, bref elle n'est certainement pas à la hauteur de ses ambitions. Pour preuve, cette pâte, certes fine et croustillante mais qui peine à prendre du volume, figée sous le poids de cette épaisseur de mozzarella caoutchouteuse et indiscutablement industrielle. J'attendais une mozzarella coulante, à défaut d'être laiteuse et délicieuse en bouche au lieu de quoi je ne sais comment se dépatouiller de cette masse sans goût, sans âme, glaçante comme les rebords d'une baignoire. Quand à la roquette, visiblement fatiguée et disgracieuse avec ses extrémités marronnasses, je lui aurais volontiers suggéré d'aller achever sa courte existence dans une autre pizza que la mienne.


Si l'escroquerie est à la hauteur de ma désillusion, je quitte ma table ni véritablement en colère, ni rongé par l'amertume. Partie de rien pour arriver nulle part, cette pizza n'a en réalité jamais eu d'existence. Pire qu'un mauvais souvenir, un grand vide en lieu et place de cette Pizza Chic mais résolument toc.



Pizza Chic

13 rue de Mézières

75006 Paris

Tel: 01 45 48 30 38

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine Italienne
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