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Mercredi 6 février 2013 3 06 /02 /Fév /2013 18:00

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Ngo et Huyen. Le frère et la sœur. Le ciment de la famille. L'homme d'affaire et la cuisinière hors pair.

(N 3)

La maison n'a pas changé, excepté deux décédés, lesquels feront brièvement leur retour la veille du nouvel an pour une visite éclaire de 4 jours avant de retourner dans l'au delà.

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On se réjouit de leur venue prochaine. L'autel des morts au premier étage croule déjà sous les offrandes et les fleurs. Les vivants et les morts. Le cercle de la vie, comme dirait Ngo.

N 7

Derniers préparatifs avant la fête du Têt. On ne fait pas dans l’extravagance. On a déjà la tête ailleurs. On cuisine simple, léger et comme à d'habitude intégralement maison avant le grand plongeon, l'orgie superbe.

N 2

Une soupe d'igname (khoai mo) immédiatement reconnaissable à sa couleur violacée naturelle.

N 4

Une soupe hu tiu et son bouillon qui a cuit une petite heure, surveillé, goûté, sans cesse amélioré; plaisirs simples, joies immenses.

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Un avant dessert:des œufs au lait coulés dans la noix de coco qui ont cuit avec son jus. Un bonheur tout droit sorti d'un rêve.

N 6

Et la surprise de milieu de soirée, le fameux suong sa hat luu, tapioca, pâte de haricot, lait de coco maison (chaire râpée enroulée dans un chiffon trempé dans l'eau puis pressé au dessus d'un récipient), sucre, glace et agar agar qui ferait presque venir les larmes aux yeux.

N 9

 

Par Foodinandout - Publié dans : Vietnam
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Mardi 5 février 2013 2 05 /02 /Fév /2013 23:55

M 1

C'est l'histoire de deux garçons, Samuel Maruta et Vincent Mourou qui n'y entendaient goutte au chocolat (l'un travaillait dans la pub, l'autre à la Société Générale), rencontrés au Vietnam lors d'un bivouac et qui ont réalisé le pari fou de produire et distribuer un chocolat noir artisanal d’exception garanti pur origine Vietnam. Étrangement, au Vietnam où ne manquent pas les fèves de cacao, aucun chocolat n'y a jamais été produit, l'Afrique de l'ouest et l'Amérique du Sud captant encore aujourd'hui toute toute l'attention.

M 3

C'est maintenant chose faite avec la marque Marou basée à Saigon, forte déjà de six tablettes d'un cacao cultivé sur des petites parcelles au milieu des terres très fertiles du delta du Mekong et d'une poignée d'autres provinces vietnamiennes situées plus au nord. Comme me l’explique Samuel Maruta sur le chemin de la fabrique située dans le quartier de Thu Duc, l'idée de départ, sachant que les fèves n'ont pas le même goût d'une région à l'autre était de préserver et faire connaître les différentes saveurs des différentes origines d’où le choix de produire des tablettes par province.

M 4

Déjà espoir de la chocolaterie française du Salon du chocolat 2012 le chocolat Marou fait le bonheur des palais exigeants qui louent son absence d'amertume, son acidité, sa belle onctuosité en bouche, ses notes fruitées et acidulées (Ba Ria 76%), les notes très ''chocolatées'' du Lam Dong 74% ''avec son goût de 4h00 comme lorsqu'on était petit'', celles plus complexes au goût de noix, d'herbe, de miel et de cannelle du Tiên Giang 70%, qu'on appréciera encore mieux la bouche bien reposée ''de préférence en s'étant abstenu de boulotter une phô bien épicée''.

M 2

Courtisée depuis peu par le Japon, présents dans les hôtels de luxe, les boutiques, épiceries fines du Vietnam et d'ailleurs (Europe, États-Unis, Australie, Singapour et Hong Kong ''le succès à l’export a été très rapide et dans la foulée nous avons été reconnus et acceptés par des gens qui restent pour nous des modèles'') forte de tablettes somptueuses emballées à la main dans un papier kraft imprimé artisanalement d'après les techniques de la sérigraphie semblent s'épanouir telles des fleurs fraîchement coupées, l'affaire tourne bien et semble se développer à la vitesse d'un vent de mousson.

M 9

'' On en a fait du chemin en deux ans quand on pense que les premiers tests ont eu lieu chez moi avec ma gazinière en guise de torréfacteur et ma centrifugeuse qui servait de broyeur ! Aujourd'hui, malgré un investissement conséquent dans du matériel de pointe (à l'exception de ce torréfacteur datant du début des années 30 acheté sur ebay dont on espère que jamais ils ne se sépareront), la production reste très manuelle.

(M 10)

  ''Malgré notre professionnalisme on travaille encore avec des bouts de ficelles !''

M 5

500 tablettes par jour, 1 tonne de chocolat produite par mois, des centaines de moules entreposés dans le labo, afin de répondre à la demande croissante, la petite équipe de Marou (12 personnes au total) attend ces jours-ci de nouvelles machines, principalement des mélangeurs.

M 6

Pour Samuel Maruta ,Vincent Mourou et leur équipe, l'aventure ne fait en réalité que commencer !

 

Marou

www.marouchocolate.com

 

Par Foodinandout - Publié dans : Vietnam
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Lundi 4 février 2013 1 04 /02 /Fév /2013 16:50

V 4

Normal que les souvenirs du Vietnam aient roulé jusqu'à mes pieds dès que je remis ce matin les pieds dans Saigon après une poignée d'années durant laquelle je la tins sans raison particulière entre parenthèses.

V 3

La fête du Têt que je m'apprête à passer comme dans le temps dans la famille, dans la joie, les rires, la tendresse et l'abondance de plats mitonnés maison a généré une foule de souvenirs plus lumineux les uns que les autres, lesquels entrelacés font un un joli ruban qu'il me plaît de défaire exactement deux petits jours avant les retrouvailles.

V 5

Plutôt que de rendre compte dans ces pages du bond vertigineux qu'a opéré le Vietnam durant ce laps de temps, de la métamorphose de Saigon et des derniers restaurants tendance de la capitale, il s'agira au contraire d'ouvrir grand son cœur et de tenir le journal de bord des réjouissances culinaires qui fleurissent en cette période et de la vie quotidienne dans une maison des faubourgs de la capitale à l'approche du nouvel an avec toute l'excitation, l'émotion et les préparatifs que cela implique.

V 6

Quelques images, donc, jetées en guise de préambule.

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Par Foodinandout - Publié dans : Vietnam
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Dimanche 3 février 2013 7 03 /02 /Fév /2013 19:00

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Une vraie journée détox qui après un jus de pomme/gingembre/miel avalé au Blue Pumpkin en guise de petit déjeuner se poursuit dans la rue avec des personnes brûlant des objets votifs en papier ou comme ici des papiers-monnaies (des répliques de dollars) destinées au génie tutélaire de la maison, exactement le type de scène que je m'attends à retrouver dès demain au Vietnam à l'occasion du Têt, le nouvel an vietnamien.

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La ville toujours investie d'hommes et de femmes vêtus de blanc, arborant le ruban de deuil à l'effigie de celui qu'on appelait ''monsieur papa''ou encore le ''roi dieu'', reste plongée dans un silence tel que chose improbable en temps normal, on peut entendre aux alentours du palais royal les oiseaux changer. De mémoire d'homme à Phnom Penh on n'a jamais connu ça.

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A une dizaine de minutes de marche du palais, rue 240, la séance détox se poursuit (histoire de se remettre d'une première prise forcément involontaire de glutamate qui rappelle les pires souvenirs de Malaisie et des Philippines) chez Naturae, le café restaurant 100% bio attenant à l’excellent boutique hôtel The 240. L'une des rares adresses encore ouverte en cette période de deuil national.

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Petite carte bien pensée autour de soupes, pâtes, sandwichs et salades dans une forme épatante comme en témoignent les photos.

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On notera les shot de spiruline mais également l'initiative maison originale et pas nécessairement partagée par tous de servir une carafe d'eau fraîche infusée au... persil, carotte, basilic, citron vert... et j'en passe. La drôle d'idée, limite imbuvable.

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Naturae

Rue 240, numéro 83

www.asiabio.asia

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cambodge
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Samedi 2 février 2013 6 02 /02 /Fév /2013 15:23

(AB 1)

On se pincerait presque pour le croire. Les rues de Phnom Penh vides de ses habitants et de ses véhicules, ses larges avenues où rien ne s'engouffre qu'un peu de poussière et un vent brûlant pareil à celui du désert (le mercure s'affole et franchit la barre des 35 degrés). Ce n'est pas la scène surréaliste d'un mauvais rêve ni un scénario catastrophe, le énième tournage d'un film sur l’évacuation de force de la capitale et de ses quasi deux millions d'habitants, ce jour funeste du 17 avril 1975 où Phnom Penh tomba dans les mains des Khmer rouges et se mua en ville fantôme pendant exactement 3 ans, 8 mois et 20 jours.

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Tout s’explique. Hier matin a débuté la seconde période de deuil de 7 jours, soit le tout premier des funérailles qui coïncide avec la crémation du roi Sihanouk décédé le 15 octobre à Pékin.

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Visible sur tous les écrans de télévision du pays, également à l'aéroport de Siem Reap où j'ai pu suivre en direct une petite partie des cérémonies, la procession funèbre aura vu en matinée se déverser dans le centre de Phnom Penh entièrement bouclé à la circulation, une véritable marée humaine qui a reflué comme un seul homme en début d'après midi après que la grande marche funéraire a accompagné la dépouille du roi du Cambodge du palais royal à l'esplanade du musée national où a été bâti pour la copieuse somme de 5 millions de dollars (source officielle du cabinet royal) le site de crémation qui accueille désormais les cendres royales.

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A mon arrivée, le centre était encore fermé à la circulation et la plupart de ses restaurants et commerces également, d'où cette ruée de certains expatriés les jours précédents vers les magasins d'alimentations et les produits de première nécessité, incités par plusieurs circulaires dont celle de l'ONU ayant mis en garde le personnel de ses agences du Cambodge contre de probables pénuries et les invitant par exemple à stocker un maximum d'eau minérale.

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On attendait 1 million de participants, ils étaient 1,5, voir 2 ont annoncé certains journaux qui ont manifestement perdu le sens des réalités. Après les festivités, dans la rue, au cœur même de ce silence assourdissant auquel jamais encore je n'ai goûté dans une capitale asiatique, c'était comme d'être seul au monde, rescapé parmi une poignée d'habitants.

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Le ruban verdâtre du Tonlé Sap, lui aussi était condamné au silence, sur lequel plus aucun bateau ne circulait. Quant à la promenade qui quelques heures encore auparavant devait être noire de monde, c'est à peine si on y croisait âme qui vive.

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Le roi sera incinéré après demain, le 4 février. En attendant, la ville nous est grande offerte, servie sur un plateau. Au cours d'une ballade on ferait bien de s'arrêter déguster la meilleure crêpe vietnamienne (banh xeo) qu'il m'ait été donné de goûter de toute mon expérience (Vietnamienne y compris !).

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Oubliez les crêpes étouffe chrétien, malingres et luisantes de graisse du quartier chinois parisien et plus spécialement du surestimé Bambou, et admirez plutôt ce monument d'envergure époustouflante, ce paquebot croustillant à merveille avec sa pâte d'une légèreté désarmante, parfumée à ce je ne sais quoi qui la rend exceptionnelle. Du grand, du très grand art.

 

Magnolia

55 rue Pasteur, angle rue 242

www.magnolia.com.kh

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cambodge
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