Partager l'article ! Habana (Fort Greene - Brooklyn, New York 13): C’étaient plein de couleurs, de lumières, d’enfants, de sourires et de vie qui nou ...
C’étaient plein de couleurs, de lumières, d’enfants, de sourires et de vie qui nous attiraient comme les ampoules électriques aspirent les papillons de nuit. Derrière les grilles fleuries, c’étaient encore une fontaine, des tables colorées au soleil, des fresques aux murs et même un van reconverti en cuisine.
Vu de l’extérieur, on se serait cru dans une kermesse ou bien une garderie et c‘est précisément cela qui
rendait le lieu aussi magique qu’improbable. A force de fraicheur et d’énergie, on se demandait si le restaurant ne cachait pas de longues jambes et des pieds gros comme un frigo qui ne
guettaient qu’un signe de notre part pour se mettre à danser. A défaut de maison on pensait avoir déniché le restaurant du bonheur. Et c’était comme l’envie de nous mettre à danser, à chanter,
qui s’emparait de nous.
A l’intérieur, ce n’était pas moins gai et fantaisiste. Un patchwork de bondieuseries sud américaines, de récup’ pastel et rigolote et même un canard récalcitrant.
Alice ne s’y serait pas senti dépaysée, encore moins un enfant sortant de l’école et faisant un saut à Habana avec ses parents parce qu’il fait beau et chaud, que le quartier de Fort Greene, dans le sillage de Park Slope, est également une sorte d’enclave écolo amusante - dont la coopérative alimentaire (fruits et légumes de proximité, bio à 80%, la plus importante aux Etats Unis, son accès nécessitant d‘offrir au minimum deux heures trois quart de son temps toutes les 4 semaines) serait l’épicentre qui se prête à ces petites visites qu’on décide à la dernière minute, comme portés par la joie naissante.
Ici, l’enfant est roi, au point qu’on y organise même des baby breakfast, des ateliers et des initiations en tout genres, des projections de films chaque week-end, les parents n’étant pas en reste, qui sirotent entre amis un mojito ou bien une margarita glacées, à moins qu‘ils n‘aillent faire un saut à la librairie indépendante Greenlight Bookstore vaste et lumineuse ou en plus de nombreuses traductions françaises (le réjouissant «Ravel», de Jean Echenoz, par exemple), on peut mettre la main sur de nombreuses nouveautés signées par leurs auteurs, une pratique relativement courante dans les librairies new yorkaises.
Je ne rappellerai jamais assez que les quartiers de Park Slope, Fort Green et Prospect Heights sont des mondes à part qui tiennent plus du village militant bio-éco-responsable et euphorisant que du quartier périphérique léthargique. Aussi, ne m’étonnais-je pas qu’Habana, à défaut d’offrir des produits bio (au moins les légumes sont-ils produits à proximité), soit muni de panneaux solaires, pratique le tri sélectif, utilise de préférence des matériaux écolo-recyclable, porte un soin tout particulier à récupérer l’eau de pluie et accessoirement dispense une cuisine à se damner (guacamole et quesadillas d’anthologie), mais aussi salades, sandwichs, tacos, burritos, assiettes d’haricots noirs et riz jaune, hamburgers, limonades et jus mexicains…
Soit l’endroit rêvé ou l’on ne se lasserait pas de revenir, pour un quart d’heure, une heure, une journée entière.
Habana
757 Fulton Sreet
Station: Fulton ou Lafayette
Site: www.habanaoutpost.com
Le Pré Verre (Cuisine et vins d'auteurs), 8 rue Thénard, Paris 5è
Asian Wok (cuisine Thai avec un zeste de fusion), 63 rue Oberkampf, Paris 11è
El Mansour (Le couscous Marocain de la capitale sinon de l'héxagone), 7 rue de la Trémoille, Paris 8è
Croccante (Spécialités siciliennes, cuisine régionale à couper le souffle), 138 rue Vaugirad, Paris 15è