4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 16:17

La maison mère 1

On prend quelquefois prétexte d’un restaurant pour se réconcilier avec certains souvenirs, pour en réactiver d’autres ou bien les enterrer définitivement. De l’âme en passant par le cœur, notre pensée est tellement tendue vers une seule direction que notre repas devient anecdotique, la cuisine ne jouant plus qu’un rôle secondaire.

C’est qu’on soupçonne à peine le poids que pèse un restaurant, un café, un hôtel dans notre existence, leur part de responsabilité dans nos choix, nos comportements, nos rencontres, bref, comme ils nous façonnent et ont une part dans ce que nous sommes. Ainsi, la rue Navarrin et son Hôtel Amour m’étaient interdite depuis que des souvenirs proches du tendre, ayant élu domicile dans la région du cœur, m’en tenaient à distance, me poussant même à prendre cette précaution, chaque fois que je descendais la rue des Martyrs, de fouler le trottoir de gauche plutôt que de me risquer à croiser la rue injustement incriminée.

La récente ouverture de La Maison Mère et le tapage médiatique qui l’accompagnait fut pour moi l’occasion de rompre cette malédiction dont j’étais seul responsable. J’étais au parfum de ces propositions mi-bistrotière mi-yankee qui se reflétaient jusque dans cette déco plus ou moins prévisible - carrelage et carreaux de faïence blanc, mobilier vintage (mention spéciale pour les chaises), sets de table en papier de boucherie, soit une perche tendue au viandard que je suis qui après avoir longtemps hésité entre le T-Bone de veau et le tartare charolais au couteau se décida finalement pour le Black Label burger (20 €) avec sa basse côte Black Angus et coupé au couteau s’il vous plait. Question Black Angus, il n’y avait pas l’ombre d’une erreur sur la marchandise.

La maison mère 2

On retrouvait bien ces arômes puissant propres à cette viande et surtout ces notes persillées caractéristiques après lesquelles courent les amateurs. Ajoutez à cela une cuisson excellente et vous teniez là (ce qui fut mon cas), une pièce de pur délice. Hélas, alors que je sentais le burger se hisser vers des sommets, je fus stoppé net dans mon élan par la fébrilité des composantes secondaires mais pas que (bun, frites) qui ne rendaient qu’un son creux. Les frites, trop sèches, le bun également puisque rien pour l‘accompagner si ce n’était une compotée d’oignons rouges qui ne compensait pas la maigreur de la viande, celle-ci exigeant d’être nourrie et trop généreuse pour être mangée toute seule dans son coin. La salade de mesclun à l’huile de noix était la bienvenue mais ne sauvait pas ce burger sans panache, fade, qui s’il avait le mérite de ne pas rester pas sur l’estomac, ne me laissa pas un souvenir impérissable. Le résultat n’était pas honteux, loin s’en faut, mais un peu décevant, à la réflexion.

 

 

La Maison Mère

4 rue de Navarin

75009 Paris

Tel: 01 42 81 11 00

 

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Published by Foodinandout - dans Cuisine Française
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commentaires

Maltese 09/06/2011


Au secours, arrêtez de faire tous du sous-Rubin.
Hamburger taiseux... Précieux autant que ridicule.
On a ce sentiment que vous n'avez jamais voyagé en gastronomie et que vous causez d'un hamburger comme s'il s'agissait d'une création de la haute sphère.

Pathétique en vérité. Chez vous, aucun fond, à peine une forme. La critique n'est pas une posture.


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