5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 08:40

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A défaut de réserver une table à diner pour dans trois mois au mieux (voir six, comme cela est déjà arrivé pour certains), on est d’attaque dimanche sur les coups de midi quand le bistrot star d’Yves Camdeborde n’est pas encore envahi par des grappes de visiteurs du monde entier. C’est que pour nombre de touristes, un crochet par le Comptoir est devenu aussi incontournable qu’une visite chez Ladurée, une pause shopping chez Colette et accessoirement une grimpette au sommet de la tour Eiffel. On y afflue en rangs serrés à peine descendus du vol Tokyo/Paris, on patiente docilement, sur un bout de trottoir au milieu de scooters et de parisiens affairés, avant de pénétrer dans le saint des saints et de prendre place dans la mangeoire.

Au diner, selon certains, le menu à 50 euros vaudrait le déplacement, lequel n’aurait rien à envier aux menus gastronomiques double voir triple étoilés des grandes adresses, quoique cet avis soit contrebalancé par une multitude de personnes.

A l’heure du déjeuner, on reverra ses espérances très à la baisse pour ne rien attendre du Comptoir qu’une cuisine au ras du plancher, traçant sa route entre facilité, je m’en foutisme et médiocrité doublée d’une imposture, puisque au final ce bistrot qui ne désemplit pas du matin au soir ne justifie absolument pas sa réputation (sinon visiblement le soir, ce qui témoignerait d’un bistrot fonctionnant à double vitesse, l’écart entre les deux services étant dans ce cas vertigineux) et encore moins certains tarifs comme cette terrine de poularde et foie gras facturée 16 euros, effroyablement insipide - à l’exception de cette vinaigrette industrielle déposée arbitrairement sur la salade, qui imprègne fatalement la terrine - et dont on cherche encore la présence de foie gras, ce qui ne nous surprend et ne nous indigne même plus, ce type d‘escroquerie étant devenu un fléau trop familier des tables parisiennes.

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Le service est tout aussi approximatif qu’à pu l’être la terrine: au moment de nous débarrasser, on nous retire d’autorité et sans raison, la corbeille de pain (pourtant aux trois quarts pleine) que nous n’aurions plus revue sur la table si vous n’avions pas exigé sur le champ son retour. Une attitude intrigante qui provoque d’abord de l’étonnement puis à force qu’un tel scénario surréaliste se reproduise avec le sel puis avec la moutarde, de l’irritation pour finir en indignation. En effet, comment ne pas trouver affligeante, risible et mais surtout grotesque cette façon de procéder qu’on les serveurs de passer de table en table vous chiper le sel, la moutarde, pour les convoyer jusqu’à d’autres clients.

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C’est réellement avec le plat du jour, une bavette à l’échalote aux girolles, certes pas détestable mais trop grasse, que le Comptoir atteint des sommets de pingrerie et d’ineptie puisque la viande, en dehors des girolles, est servie sans accompagnement, ni haricots verts (histoire de trancher avec les girolles) ni purée (servie dans un plat de lilliputien n’excédant pas, en toute franchise, 1 cm de profondeur et 5 de diamètre, aperçue aux côtés d’une demie volaille Béarnaise chiffrée à 25 euros). Après une telle déconvenue, je renonce au pot de crème au chocolat Guanaja -6 euros- (ce qui témoigne, pour le coup, combien je suis remonté !).

Une dernière bourde (un verre de vin facturé trois fois son prix sur la carte) et nous quittons le Relais du Comptoir avec le sentiment d’avoir pénétré dans le ventre mou du bistrot, le diner offrant probablement de meilleures prestations - ce qui ne justifie pas un tel traitement pour autant.

 

 

Le Comptoir du Relais

9 carrefour de l’Odéon

75006 Paris

Tel: 01 44 27 07 97

 

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Published by Foodinandout - dans Cuisine Française
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