28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 06:00

Petra 1

Pétra, on en connaît d'éternité les images du Khazeh qui sont à la Jordanie ce que les Pyramides sont à l’Égypte. On se souvient avec précision de certaines vignettes de Tintin dans Coke en stock situées sur le site, qui marqua les retrouvailles entre notre reporter à houppette favori et l'exquis émir du Khemed, autrement dit le père malheureux de l'odieux Abadallah. On n'avait jamais relevé qu'une séquence d'Indiana Jones et la Dernière Croisade s'y déroula. On sait vaguement que Pétra nous a été laissée par les Nabatéens, un peuple arabe nomade qui se sédentarisa dans la pointe méridionale de la Jordanie il y a plus de 2000 ans, visiblement séduits par les incalculables avantages du lieu: approvisionnement abondant en eau, canyons rocheux facilitant la défense, relations au beau fixe avec les Edomites, piètres bâtisseurs mais excellents potiers, un savoir qu'ils auraient transmis à leurs voisins. On apprend sur le tard que les Nabatéens étant de redoutables commerçants et de surcroît pas du genre à se tourner les pouces, Pétra est devenue dès la fin du 2ème siècle avant Jésus-Christ une immense cité s'étendant sur près de 10 km2 (difficile d'imaginer qu'à l'heure actuelle, sur les 80m2 que couvre le site, seuls 10 à 15% des monuments sont visibles, l'essentiel sommeillant encore sous le sable; une singularité que Pétra partage avec Angkor) et par la force des choses la capitale du royaume Nabatéen. Puis vinrent les romains qui tuèrent la poule aux œufs d'or en ayant la très discutable idée de prendre le contrôle des lucratives routes commerciales et de les détourner de Pétra, ce dont elle ne se remettra pas, l'arrivée et l'installation progressive des bédouins n 'y changeant rien.

Et puis c'est tout. Le reste, il faut se lever aux aurores - ou plutôt être tiré du lit sur les coups de 5 heures du matin par les chants insistants du muezzin - pour se le laisser conter par nos propres yeux, forcement émerveillés, naturellement fascinés.

Petra 2

Les jambes sont encore lourdes et le pas traînant lorsque après avoir dépassé la nécropole de Gaïa on s'engage dans le spectaculaire canyon (ou Siq extérieur), une enfilade de gorges qui servait à la fois de défense naturelle et de parcours de procession, en témoignent les parois creusées d'innombrables niches et les sculptures comme celle saisissante d'un homme conduisant des chameaux.

((Petra 3))

9h30, c'est l'heure à laquelle le soleil se décide enfin à venir lécher la façade du Khazeh avant de l'arroser dans sa totalité dans l'heure qui suit. Il y a foule et on est bien content de quitter tout ce monde bruyant et indiscipliné. La chance veut justement qu'après le Siq extérieur, juste sur notre gauche s'envolent vers les hauteurs une belle quantité de marches irrégulières taillées dans la roche, et là tout se déride, la machine s'emballe enfin.

(Petra 4)

Ce premier sentier grimpant le long des parois dévoilant une multitude de tombeaux, de façades de temples, de salles funéraires et de bas reliefs creusés dans le roc, en appelle un autre et puis encore un autre. La montagne comme toujours, se révèle une inépuisable gourmandise. Et plusieurs heures durant, soit jusqu'aux premières heures chaudes, de se promener de promontoire en belvédère avec des pauses comme ici à mi chemin du Haut lieu du Sacrifice (le Madhbah) et des Obélisques.

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Un thé brûlant très chargé en sucre étonnement désaltérant, préparé par une bédouine aux trois quart aveugle, d'une main tâtonnante et maladroite et siroté sur une petite pierre. C'est déjà un spectacle en soi.

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Le second, on lui fait face, qui sont ces pans de falaises gorgés de niches, les formes torturées, les couleurs improbables qu'ont les rochers. On marche encore un peu et c'est le tombeau d'Aaron qu'on distingue tout au fond, et puis c'est encore une volée de marches érodées avant d'atteindre un bassin creusé dans la roche.

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C'est lorsqu'on descend par un petit chemin rocailleux, qu'on laisse derrière nous le complexe du Tombeau du Soldat et qu'on prend tout de suite à gauche, que se dresse devant nous une ancienne villa nabatéenne et romaine en cours de restauration.

-Pet-9-.JPGAprès, il ne reste plus qu'à suivre cet autre chemin généreux en éboulements et côtes raides jusqu'au monument au Serpent au milieu duquel est niché un hameau où il suffit de pousser n'importe quelle porte pour trouver l'hospitalité, voir se faire héberger la nuit.

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Sur le chemin du retour, qui courre à travers la vallée et se faufile via une sorte de ravin asséché, on a encore un peu de temps devant soi avant que la chaleur s'abatte sur nous pour grimper une côte, voir deux, traverser de petits ensemble d'habitations dont le seul luxe est d'être approvisionné en eau.

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On y élève plus qu'on n'y cultive: des moutons, des agneaux, quelques poules et des chameaux.

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Des enfants, également, qui bondissent comme des écureuils de derrière un rocher et disparaissent comme des écureuils dans leur trou.

-Petra-15-.JPG

 

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Published by Foodinandout - dans Jordanie
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