Vendredi 17 septembre 2010
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C’est nouveau, c’est tout chaud, c’est une petite cantine nippo-coréenne fraiche et sautillante qui a fleuri en plein
Little Tokyo (ne reculons devant rien) ou office ladies, salary men revus et corrigés à la mode héxagonale (exotisme en moins), ainsi qu’une cohorte d’étudiants poussent des
coudes et rongent leur frein devant «le meilleur katsudon de la capitale», «les meilleures tempura de Paname», en gros pour le meilleur et pour le pire, les heures de pointe
virant franchement à la rigolade avec ces files interminables, compressées sur un bout de trottoir mais béates.
L’un des intérêts d’Ace Gourmet Bento (et qui n’est pas le moindre), en plus de nous faire profiter d’un cadre acidulé
plutôt sympa et d’un accueil plein sourire, ce sont les 8 petits euros qu’il revient de débourser pour s’offrir un bento complet comprenant un plat réchauffé à la minute au four
électrique (ce jour là j’optais pour le délicieux et fondant poulet teriyaki), cinq accompagnements parmi une grosse douzaine (kimchi, pousses de soja, haricots verts au sésame,
algues, racines etc…) les mien s’avérant un poil trop salés, une portion de riz, une soupe miso et une salade de fruit, la boisson étant en supplément (faut pas rêver). A propos de boisson, Ace
Bento m’a fourni l’occasion de gouter à l’infusion de pousse de bambou, riche en fibres, en silice, en hydrate de carbone, certainement excellente pour la santé, seulement on ne m’y reprendra
pas.
Ace Gourmet Bento
18 rueThérèse
75001 Paris
Tel: 01 47 94 38
Par Foodinandout
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Mercredi 16 juin 2010
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/2010 20:01
19 euros la formule déjeuner sans boisson ni dessert, on a connu les coréens plus conciliants. Certes, le
cadre n’est point détestable. Lumineux, épuré et débarrassé de ses hôtes hideuses, on ne cachera pas qu’on y sent très à l’aise. Seulement, 19 euros pour des nouilles de patates douces d’une
qualité égale à ce que l’on trouve en plus approximatif chez le traiteur chinois, suivies d’un de ces bilimbap interchangeables d’une banalité qui n’étonne plus (une nouvelle
fois, la sauce piquante manufacturée boulotte pour le compte des ingrédients), on a du mal à digérer.
Vous me direz qu’il ne tient qu’à moi de taper dans la carte, de faire preuve de curiosité et donner sa
chance pourquoi pas au coquelet mijoté au ginseng, à l’anguille grillée, le barbecue ou le shabushabu, pour peu que je sois accompagné. Je vous avouerai que rien de cela ne me tente,
étant immanquablement déçu chaque fois que je m’aventure en dehors des incontournables de la cuisine coréenne, du moins l’interprétation qu’on veut bien nous en donner à Paris et même dans
certaines capitales asiatiques (qui s’avère être chaque fois un raccourci décevant, désintéressé, une version caviardée), soit dit en passant, une dérive qui s’applique malheureusement à la quasi
totalité des cuisines dites du monde.
A Paris, cela sent tellement l’assemblable, on devine tellement le cuisinier (à défaut de chef) dégagé de son
sujet, de toute ambition que ça en devient pénible. Les plats qui se succèdent aux tables voisines me confortent dans mon jugement. Aucun sentiment, aucune audace ni envie, rien qu’un mimétisme
mou.
Certes, le bilimbap se laisse manger, et les kimchi sont irréprochables (comment
pourrait-il en être autrement lorsqu’il ne s’agit que de faire sauter un couvercle?). Il n’empêche que c’est chaque fois pour moi une déception. Et de songer sérieusement à un gastronomique qui
pourrait me réconcilier ave cette cuisine, à défaut de sauter, définitivement agacé dans le premier avion pour Séoul.
Soura
7 rue Ernest Cresson
75014 Paris
Tel: 01 45 41 71 55
Par Foodinandout
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Mercredi 21 avril 2010
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/2010 07:54
Le bibimbap on connait. Du riz, des légumes, du bœuf haché, c'est tout vu: un bibimbap à
Paris restera toujours un bibimbap. Soit une infaillible machine à assembler liquidée les yeux fermés par le cuistot ou un bambin de 5 ans qui fait pousser des ah ! et des oh !
d'émerveillement aux clients qui ne se remettent toujours pas d'entendre le riz crépiter au fond du bol en fonte.
D'un restaurant à l'autre, d'une quartier à l'autre, la camelote est sensiblement la même, à l'image de ces
«traiteurs chinois» répendus dans la capitale comme la peste autrefois dans les campagnes. Ceux qui prétendront le contraire sont de mauvaise foi ou bien des charlatans, voir les
deux.
Finalement, le plus réussi dans les petits restaurants coréens made in Paris, ce n'est pas le plat
principal mais bien les kimchi, ces petites coupelles de légumes en saumure qui mine de rien, par souci de discrétion et d'effacement, font tout le boulot et sauvent la baraque. A eux
seuls ils valent le détour et font qu'on prête encore une oreille attentive à cette cuisine méchamment représentée sur Paris comme peut l'être la cuisine cambodgienne ou japonaise. Un peu comme
si on ne retenait certaines adresses que pour leurs frites, leur mousse au chocolat ce qui d'ailleurs ne serait déjà pas si mal pour la plupart d'entre elles.
Avec son menu du midi à 13 euros comprennant une petite soupe de bienvenue (ce jour là au maïs et riz
gluant), une entrée (galette coréenne au sésame) et en ce qui me concerne l'inévitable bibimbap (valeur sûre puisque sans surprise et d'une qualité moyenne constante), on ne va pas jouer
les grognons, d'autant que les kimchi sont sacrémment délicieux et variés (nous étions deux). C'était, pour ne pas changer, l'heureuse surprise de cette adresse dont la seconde était
incontestablement le joli minois de la serveuse.
Manna
44 rue Lourmel
75015 Paris
Tel: 01 45 78 80 09
Par Foodinandout
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Mardi 6 octobre 2009
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/2009 08:35
Bénéficiant d'un bouche à oreille plutôt positif, Darai ne doit pas sa
réputation à l'excellence ni à l'originalité de ses plats mais à cet indéniable capital sympathie dont il tire intelligemment profit (bouteille d'eau minérale posée d'office sur la table mais pas
facturée, assortiment de kimchi au meilleurs de leur forme et servis à discrétion, service rapide et aimable qu'apprécient salary men et office ladies du
quartier).
Usée, sans charme, voir absente, ce n'est pas
la déco qui vous distraira et vous fera relever interminablement le nez de votre de votre assiette qui voit dérouler sans percussion et encore moins de conviction, un pot pourri très mollasson de
la cuisine coréenne.
Certes, les plats n'y vont pas de main morte avec les épices (on ne déteste pas se faire chahuter par les piments qui ont ce pouvoir de réactiver des souvenirs en même temps qu'ils vous clouent au
présent, vous scotchent à votre assiette.) Seulement, l'ersatz de cuisine proposée par l'équipe n'est guère emballant et manque cruellement d'intention, de
volonté.
On avale dans l'indifférence un bol de riz avec
saumon cru pour finir au bord de l'écœurement après avoir croqué dans la fameuse crêpe coréenne à la cannelle, sorte d'étouffe chrétien sec à l'intérieur, archi graisseux à l'extérieur. On louche
sur les plats en marmite, le bœuf sauté, pas vraiment convaincu, vaguement agacé.
Avec ses menus autour de 10 euros le midi et 13 euros le soir, Darai pourra toujours dépanner les dineurs aux abois et
faire le bonheur des petits budgets autant que réjouir les aficionados de cantines bon marché au palais endurci. En ce qui nous concerne, on passera notre chemin.
Darai
4 bis rue Violet
75015 Paris
Tel: 01 45 77 36
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Par Foodinandout
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Mercredi 2 septembre 2009
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/2009 10:43
«Elle a grandi en restant une enfant», témoigne la
mère qui est aussi la propriétaire et pâtissière de l'Espace Han Seine, à la fois salon de thé coréen, restaurant (petite restauration à midi), librairie et galerie
d'art.
Presque malgré moi, je lève les yeux vers la jeune femme en question. Un bref
instant, je trouve un charme singulier à son sourire qui lui donne en effet un air étonnement enfantin. Elle n'a pas 20 ans, un âge qui doit susciter dans son corps de jeune fille l'attente et le
rêve du plaisir des sens, comme au rythme des lents mouvements d'une marée.
Comme son regard coure des étagères chargées de livres aux meubles sur lesquels est
exposé de la vaisselle en céramique (éruptive et asymétrique comme je l'aime), je concentre le mien sur ces petits gâteaux emblématiques de la Corée que sont les param (pâte de riz
gluante, haricots rouge, fine couche de poudre aux fruits de cactus, sésame noir, blanc, soja ou thé vert). Je pense au daifuku du voisin japonais qui se distingue en réalité du param en
ce que ce dernier, en plus d'être plus fondant, libère des saveurs moins monocordes et moins prévisibles qui tiennent autant à sa recette qu'à l'initiative et l'inventivité du pâtissier (dans le
cas présent des miettes de pain -entre autres ingrédients et petits secrets jalousement passés sous silence - ont été incorporées à la pâte de riz gluante.)
Le thé vert coréen (nok tcha), aux arômes discrets et tout en douceur est
servi dans sa petite théière en grès que complète un pot à thé très utile pour laisser le nectar refroidir.
Je jette un œil à la jeune femme qui semble s'être réfugiée dans le calme. De temps
à autres, elle esquisse un sourire qui faisaient apparaître ses fossettes qu'elle a charmantes.
Plus tard, les yeux baissées, elle passe près de moi. J'ai alors la certitude
d'avoir aperçu dans ses yeux des traces de larmes.
Han Seine
32 rue Monsieur Le Prince
Tel: 01 40 46 80 40
75006 Paris
Par Foodinandout
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