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Cuisine U.S

Vendredi 15 mars 2013 5 15 /03 /Mars /2013 08:27

(((Paris 1)))

De loin, pour peu qu'on soit myope et qu'on ait oublié ses lunettes à double foyer, on dirait la façade d'un vieux cinéma à programmation pour adultes du Bowery, avec sa marquise garnie d'ampoules, ses lettres noires sur fond blanc et ses portes vitrées donnant accès à une salle noire et blanche minimaliste comme les actualités et les films qu'on y projette à l'étage, œuvre métallique barrée de l'agence architecturale CUT à laquelle on doit entre autre l'habillage du Coutume Café, laquelle liqueur noire est également extraite ici avec la passion et le savoir faire nécessaires.

(Paris 2)

Dans la lignée des Big Fernand, Blend et autres Camion qui Fume, Paris New York n'échappe pas à la tendance radical chic du moment et y va à son tour de son hamburger plaqué or taillé pour dentitions ripolinées pas fâchées de se délester de 15 € pour un combo classieux burger/frites/boisson qu'on apprécierait tout autant à 12 voir 13 € .

Paris 3

Dans l'assiette émaillée blanche à bordure bleue, un burger costaud (le Smoky Blue, hors menu) au diamètre calqué sur celui de ses concurrents, deux buns briochés déments sortis des mains d'une boulangère américaine, du bœuf haché breton Pie Noir maturé trois semaines et cuit à la flamme, une jouissive complotée d'oignons caramélisés, une tranche de poitrine fumée et un fromage bleu Stilton qui vous saute à la gorge, violent, ravageur. Portion généreuse de frites maisons fines et croustillantes, délicieuse citronnade servie dans un bocal transparent. Reste que le burger, beaucoup trop sec par endroits, mériterait d'être un peu plus juteux, plus canaille et que la viande gagnerait à être un poil plus grasse. Mais manquerait plus qu'avec ce beau temps on commence à se plaindre, hein?

Paris 4

A noter: imparable Rachel's cheesecake et Gilles Deleuze en fond sonore dans les toilettes, philosophant dans son Abécédaire sur l’alcool. Immanquables.

 

Paris New York

50 rue du Faubourg Saint-Denis

75010 Paris

 

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine U.S
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Lundi 12 novembre 2012 1 12 /11 /Nov /2012 11:03

Paris-London-1.JPG

Le Paris-London place la barre très haut lequel s'est mis en tête de nous offrir rien de moins que le meilleur hamburger de la capitale. Exactement le type d'opération (marketing) casse gueule qui pique assez notre curiosité pour que nous allions voir de plus près le désastre annoncé (à grand renfort de communiqués de presse).

Bien entendu, histoire de donner un semblant de légitimité au projet et d’asseoir sa crédibilité, on fait appel à un chef confirmé au parcours irréprochable - ici Maurice Guillouet, ancien de chez Robuchon et du Ritz - qui aura planché jour et nuit comme un forcené sur la bête, essayant toutes les combinaisons possibles et imaginables pour sortir à l'arrachée un burger capable de rivaliser avec les plus grands. Et dans les coulisses de se frotter les mains en s'imaginant que l'affaire est pour moitié dans le sac.

Le Paris-London on connaît très bien pour passer régulièrement devant sans que l'idée nous effleure de s'y attabler. 1000 fois on a jeté un œil aux assiettes, 1000 fois on a passé notre chemin sans l'ombre d'un regret. Si les touristes et les employés de bureau s'en contentent, tant pis eux. Pour notre part on préfère encore aller casse la croûte au Rubis ou au Petit Vendôme.

Paris-London-2-copie-1.JPG

Enfin, il est comment ce bacon cheese burger (21 €) qui dans la presse fait le paon ? Sacrément bien fichu, tout comptes faits et même bougrement délicieux. Pas effarouchée pour un sou, la bestiole. De belle et haute stature et sous le capot du sérieux, du lourd, de l'ambitieux. Une viande dans les 200g laissant échapper un petit jus, une succulente et généreuse poitrine de porc ibérique en lieu et place du bacon, un cheddar qui ne fait pas de la figuration mais qui délivre de belles claques, une savoureuse compotée d'oignons qui se faufile partout où elle peut, de la roquette qui aporte une touche croustillante et poivrée, quelques tranches de tomate pelée (la grande classe), des buns divinement briochés encore chauds (fait rare pour être mentionné) de chez Rachel's cake et une sauce tartare maison qui fait le bonheur des frites pas indignes mais congelées, ma seule réserve au passage. Bref, le Paris-London a dégainé l'artillerie lourde. Nous voilà sacrément averti.

 

Paris-London

16 place de la Madeleine

75008 Paris

01 47 42 33 92

 

 

Par Foodinandout - Publié dans : Cuisine U.S
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Jeudi 8 novembre 2012 4 08 /11 /Nov /2012 15:11

Amber-1.JPG

Amber ? Une brune féline à la plastique de rêve et au regard de braise ? Un nouveau parfum aux fragrances musquées? Non, juste l'un des tous meilleurs burgers de la capitale selon mon ami Thomas, l'un des plus insignifiants et surévalués selon moi.

On est rue Commandant Rivière, dans le 8ème, qui est la mangeoire des employés du quartier pas vraiment regardant sur le contenu de leur gamelle. D’où l'intérêt du ticket restaurant qui est un peu le principe de la 3D appliqué à un nanar. Sitôt le support de paiement libéré de sa souche on fait preuve d'indulgence, on tempère son jugement quand on ne le revoit sensiblement à la hausse au point de faire passer une adresse à peine potable pour la dernière sensation gourmet.

De toute façon, Amber m'a déçu à la seconde même ou j'y ai mis les pieds. Cette déco de loft new yorkais telle qu'on ne la rêve plus aujourd'hui sinon dans les sitcom du service publique (banquettes rouges, tables noires, tuyaux de circulation apparents, suspensions ringardes, rien qu'une petite vingtaine d'années de retard) était déjà difficile à avaler. Tout comme le RnB à plein tube (quand ce n'est pas une vieille scie de Michel Jaquesson) ou le service bas de l'échelle-sans un regard-ni sourire-limite-ta gueule me revient pas-et puis en fait je t'emmerde-de la serveuse.

Amber-2.JPG

Mon choix se porte sur le double bacon cheeseburger (220 g de bœuf, 18€ tout de même), présenté ouvert. La viande fait le job: de qualité, bien saisie à l’extérieur, saignante à l'intérieur, avec du goût (c'est encore le moins qu'on attende d'elle) mais manquant peut-être un peu de gras. Encourageant, tout cela, mais ne crions pas trop vite victoire: c'est maintenant que ça se gate

Buns larges et farineux, à jeter, bacon insignifiant à la texture plastique, coleslaw peut-être maison (la grande affaire) mais qui m'indiffère toujours autant (on m’expliquera un jour l’intérêt de cette salade à part celui de remplir l'assiette). Pour les frites servies dans un cornet mon jugement est partagé. Pas exceptionnelles mais pas honteuses non plus. Bien dorées, du croustillant mais un poil trop sèches. Frites maison ou congelées (frites maison congelées?), je l'ignore encore. On n'oublie pas la pauvre tomate et la pauvre feuille de salade verte s'ennuyant sur un petit pain: un spéctacle désolant.

Amber-3.JPG

Sec et archi sec, l'ensemble est archi sec (bonjour l’exercice) ! L'équivalent d'un timbre poste de cheddar aura été étalé sur la surface de la viande. Il y a bien la coupelle de mayo industrielle qui n'attend qu'un signe de moi pour se vautrer sur mon bun (pour la sauce maison on repassera), mais dans ses rêves seulement.

C'est à côté de la plaque tout ça. Un bon hamburger ça doit avoir du jus, une pointe acide, ça peut éventuellement (ça doit) tâcher, on veut que ça ait du caractère, des choses à exprimer et une cohérence dans le choix des ingrédients, que ça compose un ensemble homogène, sinon ce n'est pas la peine.

Allez, on oublie vite et on fonce au choix chez Big Fernand ou chez Cantine California, où qu'ils se trouvent. Et tant pis pour la queue !

 

Amber

9 rue du Commandant Rivière

75008 Paris

www.restoamber.fr

 

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Jeudi 2 août 2012 4 02 /08 /Août /2012 10:43

Can 1

Second food truck dans la lignée de l'ultra populaire Camion qui Fume de Kristin Frederick à sillonner les rues de la capitale et à affoler la foodosphère ainsi que les papilles des aficionados de gourmet burgers, le flambant neuf Cantine California avec ses produits bio, son pain frais, ses sauces maison, son mélange maison haché sur place (faux filet et gras de bœuf, viandes grillées sur pierre de lave) possède de solides arguments qui devraient lui assurer un fulgurant et très mérité succès.

Ce jour là, Marché Saint Honoré, mieux vaut arriver en avance car un attroupement commence déjà à se former à 11h50 précises (comme si les gourmands se passaient le mot), de sorte qu'à midi tapantes vous pouvez laisser vos espoirs au vestiaire et commencer à ronger votre frein pour un long, très long moment.

Sur le tableau vertical, quatre burgers au choix, Cali'classic (cheddar, bacon, avocat...), The Dude's (Beaufort, bacon...), Veggie et le Half moon bay, mon choix sans hésitation (Bleu d'Auvergne A.O.C, oignons caramélisés, légère sauce BBQ). 11 avec frites classiques ou de patate douce.

Can 2

Le burger façon Jordan Feilders se présente dans une boite blanche laquelle sitôt ouverte révèle ni plus ni moins que le saint Graal, une bombe atomique bigrement ventrue et dégoulinante de fromage au caractère bien trempé qui vous fouette le palet et rend dingo vos papilles. Arrive là dessus la viande, épaisse, qui a brouté tout son content dans les vertes prairies des Pays de la Loire et du Poitou. Tendre, fondante et persillée à la fois avec en prime cette petite touche fumée qui nous laisse presque sans voix. Excellence du produit, cuisson impeccable, petite touche francophone, l'ombre de l'excellent Big Fernand (mais alors un Big Fernand on wheels) n'est pas loin. On n'oublie pas les buns au meilleur de leur forme, les oignons rouges caramélisés qui nous laissent babas et les frites au couteau au top. On déguste sur place, les coudes serrés sur l'une des trois petites tables hautes, sinon on emporte sa boite au bureau, au jardin des Tuileries, où bon nous semble. Qui dit mieux?

 

Toutes les infos sur les points de chute du Cantine California ici:

www.cantinecalifornia.com

 

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Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 10:08

Cout 1

C'est un morceau de Brooklyn et plus particulièrement de Park Slope qui a poussé dans la nuit en plein 7ème arrondissement à distance raisonnable du Bon Marché, de sa Grande Ep' et de Conran. Le rêve devenu réalité d'un français et un australien, torréfacteurs militants investis d'une mission ultra délicate à Paris: proposer rien de moins que le meilleur du café. Autant parler d'une mini révolution, d'une tornade partie s'en mettre un grand coup de balais dans les tasses et les mugs dégorgeant du jus de chaussette auquel le parisien est condamné (quand il ne s'en félicite pas). C'est du moins ce que j'entends régulièrement ici ou ailleurs, le café m'étant aussi étranger que les banquises du Groenland.

(((Cout 2)))

En réalité, tout nous plaît au Coutume Café, son intérieur ultra lumineux qui tient à la fois de l'appartement haussmannien (parquet usé en chêne, moulures au plafond), du loft nordique (tables en bois blond, néons design torsadées, murs enduis mais volontairement non repeints - on y entend souvent de ces questions comme «quelle couleur avez-vous donc fini par choisir?», la manie occidentale de l'achevé, du définitif - ) et du labo de savant fou (une galaxie d'ustensiles en verre, de ballons, de machines alambiquées posées derrière un comptoir carrelé de blanc qui confère une touche «clinique» à l'ensemble, sans parler de l'extracteur de café tout au fond, caché derrière un épais rideau à franges en plastique transparent qui rappellerait presque une scène de crime). Enfin, les touches de verdures tout comme la musique plus indépendante que mainstream finissent de nous faire adopter ce nouveau lieu qui devient en un rien de temps notre une seconde maison.

Cout 3

On s'en doute, au Coutume Café, le café est nomade - ses grains sont d'origine multiples, lesquels sont torréfiés quotidiennement sur place - et bénéficie d'autant de soins qu'un nouveau né (l’extraction adéquate, la bonne température de l'eau ne sont qu'un critères parmi tant d'autre respectés scrupuleusement par la maison) et se conjugue sous toutes les formes: de l'espresso (2 €), au cappuccino (4,5 €), en passant par le siphon (7€) ou le café 24 h d’extraction (au goutte à goutte, 4 €) et tant d'autres encore. Il est même possible de troquer le trait de lait de son noisette contre une goutte de lait de soja, ce que nous apprend une ravissante barista sortie à la fois d'un mélodrame de Douglas Sirk, de Mad Men et d'Alice au pays des merveilles, véritable prodige du latte art qui réalise des dessins très mignons avec la mousse de lait.

Comble du bonheur, la petite restauration, ses assiettes fraîcheur et ses sandwichs manucurés sont l'autre belle surprise.

Cout 5

Buns siglés Gontran Cherrier ultra moelleux, pâtisseries maisons - un monumental carrott cake avec sa touche de cumin, coiffé d'une irrésistible crème vanillée fondante - ou de chez La Pâtisserie des Rêves voisine.

Cout 6

Plats chauds l'hiver, brunch le dimanche et surtout une formule déjeuner à 13 € comprenant une entrée (ce jour-là un bavarois de légumes digne d'un restaurant étoilé), un plat (impeccable buns au pain noir toasté, bresaola, tomate, mozza di bufala, pousse de moutarde, pesto) et une boisson chaude au choix (le chocolat chaud peut l'être noir, au lait ou blanc et toujours d'origine). Incontournable.

Cout 4

 

Coutume Café

47 rue de Babylone

75007 Paris

www.coutumecafe.com

 

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