Mercredi 22 juin 2011
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Bien entendu que je n’aurais jamais quitté New York sans avoir goûté à la cuisine japonaise dont la mégalopole américaine -
outre l’empire Momofuku de David Chang - est un des meilleurs ambassadeurs. C’était un soir que l’orage venait de crever après qu’il ait fait exagérément lourd. L’averse violente, tellement
prévisible lâchait sans surprise de longues baguettes d’eau sale entre le ciel et le macadam et c’était comme si le ciel tout entier se soulageait enfin. Interdits, pris de court, on courait dans
tous les sens, on se précipitait vers la bouche de métro, on s’engouffrait dans une boutique, certains arrêtaient avec soulagement un taxi, d’autres encore poursuivaient leur chemin comme si de
rien n’était, trempés mais heureux.
Tassés par la pluie, nous nous étions retrouvés justement devant l’entrée de Blue Ribbon, une auberge japonaise étoilée qui
compte plusieurs déclinaisons dans New York. C’était le bout du voyage, déjà, qui s’achevait avec un maquereau en deux services, d’abord cru puis grillé, à tremper dans une délicate sauce
ponzu.
Il était inutile de résister à la tentation d’avaler quelques bouchées de maki au crabe ou bien fourrés de peau de
saumon grillé, tant on sentait la salle entière en adoration devant les mets qu’elle portait à sa bouche. Il suffisait de suivre le mouvement, de se couler dans le rythme, par exemple de saisir
entre deux doigts un sushi rutilant de fraicheur qu’on aurait dit vivant et prompt à se redresser.
Et puis tout ce qui passa sous nos yeux y passa pour la dernière fois. Immobile, il s’agissait de laisser les bruits et les
odeurs nous envahir une dernière fois quand les visages, bientôt, se brouilleraient et deviendraient incertains dans notre mémoire.
Blue Ribbon
278 Fith Avenue, entre first st et Garfield st
Site: blueribbonrestaurants.com
Station: Union St
Par Foodinandout
-
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Mardi 21 juin 2011
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/2011 11:49
Un autre café dans lequel ont été tournées certaines séquences de la série Bored to Death, à proximité de Fort Greene, un
joli parc dominé par une petite butte. L’accueil y est peut-être moins chaleureux qu’ailleurs mais l’esprit post Village Vanguard - les préoccupation écolo-alter mondialiste en plus - souffle
toujours autant dans cet énième café bio à 95% spécialisé dans l‘expresso (grains provenant de petites plantations indonésiennes), les vins, les smoothies et les céréales (un mélange
maison renversant, mon geste quotidien avant de plonger dans le métro pour gagner Manhattan), la petite restauration (produits locaux) et les jus s’avérant plutôt dispensable, quoique les
intitulés des salades, interminables, hilarants, surréalistes et parfois acides valent franchement le détour.
Sans surprise, je n’ai pas manqué de noter quelques échantillons du style: «No animals were harmed
during the making of this breakfast» (servi au petit déjeuner, tofu poêlé avec du cumin, des tomates, des olives, carottes, airelles et oignons), ou (mon préféré) le sandwich baptisé
«Let’s be nice to everyone except the assholes who’ve trashed us on yelp.»
Plus intimiste que Snice ou Ozzie‘s, on y retrouve une clientèle jeune et décontractée souvent affairée sur son ordinateur
à quelque projet littéraire, ainsi qu’une ambiance très sympa notamment grâce notamment à ces bancs installés sur le trottoir (une autre particularité des cafés dans le quartier étant au mieux de
posséder une petite terrasse aménagée sinon de prévoir quelques bancs ou chaises à l’extérieur ou en ces temps de canicule certaines jeunes femmes ne détestent pas s’y asseoir pour lire et
bronzer à la fois.) Question musique, : Belle and Sebastian, Luna, The Moldy Peaches, quelques vieux blues, un soupçon d’electronica et quelques plages cafardeuses de Tom Waits. Autant
dire qu’on est paré pour la journée.
Smooch
246 Carlton Avenue
Station: Fulton
Par Foodinandout
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Lundi 20 juin 2011
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/2011 11:33
En poussant la porte du café je supposais que Snice était la contraction de «super nice». Cela se passait un petit quart
d’heure avant d’allumer mon ordinateur et d’ouvrir Wikipédia pour y apprendre qu’en réalité Snice désigne cet état intermédiaire entre la neige et la glace. Qu’en au rapport entre ce café et la
neige en train de durcir, je vous laisse débrouiller ce mystère.
A Park Slope sur la cinquième avenue, comme partout ailleurs dans Brooklyn et plus
largement dans tout New York, sortir un net book de son sac - quoique la préférence aille plutôt au Mac - est un geste courant, aussi fréquent que d’accrocher sa veste au porte manteau. A Park
Slope ou dans n’importe quel café ou restaurant du quartier une connexion wifi est disponible gratuitement, je dénombre régulièrement plus de clients équipés d’ordinateur que l’inverse.
La proportion de jeunes gens absorbés par leur écran est même quelquefois saisissante, au point par exemple qu’à Snice une
notice apposée sur les tables prévient que certains jours entre 14 et 17 heures les clients souhaitant se servir de leur machine sont priés de prendre place uniquement à la table d’hôte située
face à la baie vitrée, un avertissement que bien entendu personne ne respecte. C’est ainsi qu‘à Snice comme ailleurs, la salle compte plus d’ordinateurs qu’il n’en faut pour se croire dans
quelque open space.
Plutôt que de juger hâtivement et trop sévèrement ce qui peut sembler au premier abord comme une nouvelle forme de
dépendance et d‘aliénation, il est indispensable de savoir que les cafés à Brooklyn, parce qu’ils sont tellement confortables, lumineux et délicieux (on grignote chez Snice une petite
restauration végétarienne et locale, des salades «out of this world», aux légumes rares et savoureux, des sandwiches préparés avec des pains variés, des pâtisseries maison tout aussi
réjouissantes, sans parler des boissons glacées, cafés frappés, jus et autres) et la musique indépendante, l’anti folk tellement doux à nos oreilles, que ces cafés sont pour nous comme des
secondes maisons, de véritables cocon ou l’on peut passer des heures voir des journées entières à se distraire, à travailler, seul ou à plusieurs, avant ou après s’être promené dans
l‘incontournable Prospect Park n‘est qu‘à quelques minutes à pied de Snice. New York ville magique? La question ne se pose même plus.
Snice
315 5th Avenue
(Entre la 2nde et 3rd street)
Par Foodinandout
-
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Dimanche 19 juin 2011
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/2011 08:54
Franchement, la café de cette petite salle de spectacle indépendante ne paie de mine. Certains diront même que le lieu est
laid et miteux et qu’en comparaison un centre d’accueil pour SDF passerait pour un palais. Pourtant, la vétusté du lieux et son laisser aller qui le caractérise ne sont en réalité pas sans
charme, d’autant plus que quelle que soit l‘heure à laquelle on s‘y trouve, on est assuré d‘y faire des rencontres intéressantes, voir passionnantes.
Cerise sur le gâteau, depuis l’espace café et ce à travers une large brèche pratiquée dans un rideau noir laissée à ce
qu’il parait en l’état depuis la nuit des temps, les amateurs peuvent assister aux répétions des spectacles qui on lieu au sous sol dans une grande salle sombre et lépreuse. Parce qu’en plus de
ces atouts on y joue des musiques jouissives (une constance à New York), comme ce matin The Smiths, Beirut puis Mazzy Star, Billie Holiday et Marissa Nadler, j’ai pratiquement élu domicile au
Brooklyn Colyseum ou je me rends souvent en matinée avaler un bol de muesli face à la grande baie vitrée.
Pas étonnant donc, qu’après une seule visite on s’y sente chez soi et que nous ayons à notre tour l’envie d’y poser les
amarres et d’y rester longtemps à lire, écrire, échanger, parfois ne rien faire d’autre que respirer l‘air du temps.
Brooklyn Colyseum
Angle Fourth avenue et President.
Station: Juste à la sortie de la station Union St
Par Foodinandout
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Samedi 18 juin 2011
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/2011 12:25
Chez Oko tout est bio, écolo et de commerce équitable, et c‘est pas peu de le dire: chaque centimètre carré de cet espace
mignon comme tout est là pour nous le rappeler à renforts d’affichettes, de stickers et d’auto promotion, d‘auto congratulation.
Spécialisé dans les yaourts glacés et les jus de fruits et dans une moindre mesure les smoothies, cafés, thés (en
vrac, la très bonne nouvelle, une autre constance dans Park Slope), pâtisseries et sandwichs, Oko possède comme partout ailleurs une excellente connexion wifi, des panneaux solaires dont on a
déjà remarqué la présence à plusieurs endroits dans le quartier, une grande ouverture sur la rue, des petits sièges à l’entrée ou boire son jus, et parce que les toutous sont légion à Park Slope
(accessoires aussi indispensables semble-t-il que l’I Phone), des gamelle remplies d’eau fraiche sont disposées devant l’entrée (ces jours-ci New York bout littéralement et subit une canicule
historique). Pour un peu, on se croirait au Japon.
Au petit déjeuner, par exemple,on se régalera d'un jus de carottes et un bourratif bol de yaourt «grec» mélangé à du
granola, plein de fruits frais et un trait de sirop d’érable. C’est joli pour les yeux, agréable à l’estomac et bon pour la santé. Autant dire qu’après un tel festin on est paré pour la
journée.
Oko
125 Fith Avenue
Station: Union St ou Bergen
Site: okoyogurt.com
Par Foodinandout
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