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Thaïlande

Lundi 28 janvier 2013 1 28 /01 /Jan /2013 16:00

(Pa 1)

Un dimanche pluvieux comme celui-ci on peut s'enfermer la conscience tranquille dans le shopping mall de son choix, manger léger et se caler dans le fauteuil d'une salle de cinéma. Manger léger ne veut pas forcément dire manger sur le pouce, vite et mal. Au Siam Paragon, juste au dessus de la formidable librairie Kinokuniya a ouvert il y a peu la toute première enseigne en Thaïlande du Paradise Dynasty, décalque du célèbre restaurant singapourien réputé pour ses xiao long bao (ces petits raviolis shanghaiens cuits à la vapeur, contenant une farce très juteuse et une cuillère à café de bouillon), lesquels occupent une place de choix sur ce blog, ses la mian (les fameuses nouilles de blé servies en soupe étirées à la main) et sa soupe de côte de porc. Exactement ce qu'on appelle des plats signatures.

Pa 2

Avec ses xiao long bao multicolores aux multiples saveurs (nature, truffe noire, crabe, ginseng, ail/gingembre etc...) présentés dans leur panier de bambou, on pourrait craindre l'épate gogo, le pure produit marketing. Heureusement, c'est tout le contraire et on retrouve dans ces raviolis aux allures de petits bourses, cette légèreté quasi aérienne coutumière des plus grands, cette farce savoureuse bien équilibrée et cette déflagration produite en bouche lorsque se libère le bouillon.

Pa 3

La tradition veut qu'on dépose avec les baguettes un ravioli dans sa cuillère et qu'on l'entame de manière à ce que s'écoule le divin bouillon qu'il est ainsi possible de savourer séparément. Pour ma part, quitte à me brûler la langue, je ne résiste jamais à l'enfouir tel quel dans ma bouche non sans l'avoir au préalable coiffé de lamelles de gingembre frais et trempé dans du vinaigre.

(Pa 4)

Dans un autre genre, les dumplings pimentés arrosés de sauce soja sont à tomber à la renverse. Robustes comme il se doit mais d'une légèreté et d'un raffinement phénoménaux.

Pa 5

Bien entendu, pour peu qu'un dessert tel que les tan yuan (pâte de riz gluant fourrée au sésame) figurent à la carte, je saute dessus. Surprise de taille: au lieu qu'elles s'ébrouent dans de l'eau chaude, elles nagent dans un jus de gingembre chaud délicieusement poivré. Un monument.

 

Paradise Dynasty

Siam Paragon, 4ème étage

www.paradisedynasty.co.th

 

 

Par Foodinandout - Publié dans : Thaïlande
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Dimanche 27 janvier 2013 7 27 /01 /Jan /2013 16:00

(Book 1)

Le dimanche matin ce pourrait devenir un rituel, à la Neilson Hays Library, musarder dans les rayonnages de livres en langue anglaise, feuilleter la presse anglo saxonne et petit déjeuner dans la galerie café attenant d' une pâtisserie, pourquoi pas une mini tarte au citron, laquelle vaut vraiment le détour, et d'un thé bien corsé. 

Le dimanche matin, justement, le petit jardin garni de frangipaniers ne manque pas d'enfants thaïlandais qu'on retrouve une fois déchaussés dans cette petite section de la bibliothèque qui leur est allouée, où on lieu des lectures et des ateliers qui est encore la meilleure façon pour eux d'apprendre la langue de Shakespeare.

Bien plus âgée est la bibliothèque (90 ans) dont l'histoire est digne de celle du Taj Mahal, avec son lot d'amour, de deuil et de chagrin. D'ailleurs, cette bibliothèque n'est-elle pas surnommée à juste titre par certains Bangkokiens la bibliothèque de l'amour?

Book 3

L'amour en question était celui qui unissait dans la dernière moitié du 19 ème siècle le docteur Thomas Heyward Hays, un physicien de grande renommée et une jeune missionnaire, Jennie Neilson. L'une des grandes passions de Jenny était la Ladie's Library Association, un organisme de bienfaisance dont elle resta membre une une vingtaine d'années, laquelle s'employait à recueillir des fonds dans l'idée d'ouvrir une bibliothèque pour expatriés anglophone dont le nombre ne cessait alors de croître, les livres étant jusque là stockés dans une résidence privée. Hélas, emportée par le choléra en 1920, Jennie ne vit jamais son rêve se réaliser.

Book 2

Inconsolable, le docteur Hays soucieux d'honorer la mémoire de sa bien aimée engagea un architecte italien (Mario Tamagno, auquel on doit notamment la gare de Hua Lamphong et le mythique Oriental Hotel) et fit bâtir sur Surawong road ce bel édifice surmonté d'une rotonde au sommet de laquelle il fit graver des inscriptions dédiées à Jennie. Si on appelle ça l'amour fou.

((Book 4))

Une fois franchi dans sa totalité un soi et débouché quelques centaines de mètres plus tard sur Silom qu'on remonte vers Sala Daeng, on arrive sur Convent Road qui a la particularité d'abriter de nombreuses et excellentes cantines (Somtam Convent en est une), des éventaires et cuisines roulantes qui tiennent largement le cap, ainsi qu'un quartier populaire où survit encore un peu de l'âme du Bangkok d'antan. Non loin de là, à proximité de l'ultra bruyante North Sathon Road se trouve un havre de paix très apprécié des bangkokiens et relativement méconnu des touristes, qui abrite à la fois un restaurant composé de trois salles bien distinctes, une école de cuisine, un centre de soins et un petit potager fourmillant d'herbes rares.

Book 5

Temple de la cuisine traditionnelle, déjeuner ou dîner chez Naj est une expérience inoubliable. Pour une première visite je recommande vivement de partager l'impeccable plateau de petites entrées (Toong Tong, Krathong Tong, Mee Krob (!), poulet au saté et Por Pear Thod) que l'on peut s'amuser à combiner avec du poulet aux herbes cuit à l'étouffé dans une feuille de bananier, une spécialité qu'on trouve fréquemment dans la rue mais qui reste incomparable avec les produits et le tour de main et la petite touche de Naj, d'un raffinement exquis.

Book 6

Book 7

Les gambas à la sauce de tamarin auxquelles hélas la photo ne rend pas justice restera comme l'une de mes expériences à Bangkok les plus mémorables, sinon la plus mémorable. Autant dire que rien ne m'avait préparé à cela.

Book 8

Trois gambas décortiquées recouvertes d'une montagne d'épices, d'herbes, d’échalotes, d'oignons frits et j'en passe, sur laquelle vient se coucher une sauce tamarin qui voit convoler en noces endiablées le salé et le sucré. L'expérience est purement orgiaque et ne risque pas d'être oubliée de sitôt.

 

The Neilson Hays Library

195 Surawong Rd

www.neilsonhayslibrary.com

 

Naj

42 Convent Road

www.najcuisine.com

 

Par Foodinandout - Publié dans : Thaïlande
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Samedi 26 janvier 2013 6 26 /01 /Jan /2013 16:00

((Ca 1))

Chat alors ! Un Cat Cafe c'est chose banale au Japon mais certainement pas à Bangkok. Que les chats se réjouissent (et les bipèdes qui en sont baba) car il y a deux tout juste deux mois a ouvert à proximité de Sukhumvit 53 un havre de paix pour félins bigrement vernis qui ont pris leurs quartiers dans cette jolie maison très lumineuse de briques blanches et de bois clair où ils se baladent comme princes en leur royaume, n'hésitant pas à grimper sur vos genoux lorsque un besoin de câlin se fait sentir.

(Ca 2)

A croire qu'on en fait jamais assez pour les chats, au Purr Cat Cafe Club on a mis les bouchées double. Et d'une, vous êtes priés en rentrant de vous déchausser et d'enfiler de petits chaussons (mesdames et messieurs les chats se montrent intraitables sur ce point), et de deux, vous êtes vivement sollicités de vous désinfecter les mains (une autre manière de montrer patte blanche). Enfin, vous vous abstiendrez de les tirer de leur sommeil (forcément mérité) mais encore de recourir ou flash (manquerait plus qu'on les effraie).

Ca 3

Une fois ces précautions prises, plusieurs espaces s'offrent à vous ou plutôt à eux: salon de beauté, salle de douche, boutique d’accessoires et de vêtements, jusqu'à un hôtel de 20 chambres pour chats exclusivement (cela va de soit) qui devrait ouvrir prochainement à l'étage.

Ca 5

Cerise sur le gâteau, une première salle de facture classique, ambiance cottage anglais, est réservée aux clients qui peuvent venir y prendre place accompagnés ou non de leur bête quand la deuxième abrite la demi douzaine de chats appartenant aux propriétaires qui ont élu domicile au milieu des sofas, des tables basses et des tapis, soit l'endroit idéal ou s'enthousiasmer devant les moindres faits et gestes des bestioles qui traînent mollement leur nonchalance, leur ennui de chat pourri gâté.

(Ca 6)

Et bien nourri: pendant que vous sirotez votre chocolat chaud, un chinchilla biberonne une eau bien fraîche à une petite fontaine et lorsque vous croquez dans votre brownie en forme de chaton ou votre un œuf au lait, un somptueux chat persan s'avance vers une gamelle remplie à ras bord de croquettes de premier choix. Pas malheureux pour un sou, les bêtes. La vie de château, en quelques sortes.

(Ca 4)

A l'opposé de la ville, sur Silom road, la Kathmandu Gallery n'est pas encore une histoire de chats mais bien la galerie photographique de Manit Sriwaichpoom, célèbre photographe thaïlandais qui expose son œuvre et celle d'artistes amis dans sa maison boutique chinoise située à un crachat du temple hindou Sri Mariamman (wat Khaek) où prendre justement des images est strictement interdit. La musique forte et rythmée, les parfums d'encens, les colliers de jasmin, les offrandes de noix de coco, les saris, on voit très bien: l'imagination fera le reste.

(Ca 7)

 

Purr Cat Cafe Club

Sukhumvit Soi 53

Station BTS: Thong Lo

Remonter la Soi 53 jusqu'au niveau de Thong Lor 5

La dépasser. C'est une cinquantaine de mètres plus haut sur la gauche

 

Kathmandu Gallery

87 Th Pan

www.kathmandu-bkk

 

Par Foodinandout - Publié dans : Thaïlande
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Vendredi 25 janvier 2013 5 25 /01 /Jan /2013 14:35

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Le Café Bicycle, (à ne pas confondre avec le Café Vélodome, plus rigolo et véritable repère à mordus du VTT, on y reviendra), possède l'avantage d'être situé juste à la sortie de la station BTS Ploenchit, collé tout contre le Mahatun Plaza.

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Oui, le Café Bicycle n'est qu'un coffee shop de plus comme toute mégalopole qui se respecte en raffole avec ses latte, ses salades, ses sandwichs, ses jus de fruits pressés et ses petites pâtisseries, mais ce qui me le rend très attachant, outre que ses clubs sandwichs y sont plus que corrects, c'est son immense baie vitrée ouverte sur l'agitation de la rue, sa mezzanine qui nous donne l'impression d'être perché, à mi chemin entre la terre et le ciel.

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C'est l'endroit idéal où venir travailler au calme, confortablement installé à l'une de ces tables en bois blond que j'affectionne mais également où se poser après avoir fait un saut à la Number 1 Gallery qui expose jusqu'au 9 février le nouveau projet photographique de Charinthorn Rachurutchata, une jeune photographe de 30 ans qui a fait ses armes dans la mode et dont le précédent travail sur les otaku et le cosplay a remporté un succès critique et publique.

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Se penchant cette fois-ci sur ces enfants de bonne famille élevés dans l'ombre des parents par des gouvernantes, Charinthorn Rachurutchata met en lumière au moyen de photographies pensés comme des tableaux, l'univers mental troublant, parfois dérangeant de ces enfants en manque d'affection, affrontant la peur de grandir, une famille fragilisée, absente et fuyant la réalité, une trop grande solitude à travers un monde imaginaire.

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Plus inattendu, direction le Chao Mae Tuptim (lieu saint de la déesse Tuptim) et sa maison aux esprits construite probablement au début du 20ème siècle par Nai Lert, un célèbre entrepreneur thaïlandais, en l'honneur de la déesse Tuptim dont l'esprit errait jusque là dans l'énorme ficus ceinturé de pièces de tissu multicolores.

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Aujourd'hui, les femmes et parfois des hommes viennent déposer à ses pieds quantités de lingams, ces généreuses représentations phallique sans équivoque de Shiva, supposées encourager la fertilité.

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Spectacle singulier comme on en voit dans certains sanctuaires shintoïstes au Japon, que ces dizaines d'énormes phallus massés autour de ce tronc qui a en croire les rumeurs aurait comblé les souhaits de centaines de couples.

 

Café Bicycle

www.cafebicycle.com

 

Number 1 Gallery

www.number1gallery.com

 

Chao Mae Tuptim

Au bout du Soi Somkhit, derrière le parking du Swissôtel Nai Lert Park

Station BTS: Chit Lom

 

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Lundi 21 janvier 2013 1 21 /01 /Jan /2013 04:28

(Lana 1)

Soppong, hormis son formidable marché riche en produits et spécialités locales, ses étals de nouilles en soirée et ses stands de babioles colorées qui donnent à la ville un air de fête, on ne s'y attarde pas et on enfourche plutôt sa moto pour s'en aller musarder le long de la Route 1095.

Lana 2

Roulant à vitesse constante entre forêt et exploitations agricoles on snobe superbement les galeries souterraines abritant des grottes calcaires, lesquelles fourmillent de cercueils en bois taillés dans de solides troncs de tecks, et on attrape plutôt cet embranchement qui en l'espace de seulement 6 km nous transporte presque dans un autre temps, loin, très loin derrière le notre.

Lana 3

Dressé sur sa falaise, ouvert à la fois sur la montagne d'un côté et la vallée de l'autre, consistant en une succession de vieilles maisons en bois et comme oublié de tous, on se demanderait presque si le village de Mae Lana ne serait pas, le soir venu, éclairé à la bougie.

Lana 5

Ici, pas l'ombre d'un touriste et c'est pour soi seul la montagne qui abrite plusieurs ethnies, bien escarpée, coupante comme du verre, sauvage et vertigineuse; tout cela à la fois.

 

Lana 4Plus tranquille et bucolique est ce chemin situé quelques kilomètres après avoir laissé derrière soi Mae Lana, cent mètres exactement avant le poste de contrôle où, privilège du touriste, on s'abstient de montrer ses papiers. Un petit chemin de terre, donc, familier des bœufs bien gras, qui descend, bonhomme, vers les profondeurs de la montagne avant de remonter et de filer aussi loin que notre regard se porte.

Dao 2

Quelques jours plus tard et quelques centaines de virages supplémentaires dans le crâne, on est bien heureux d'avoir délibérément évité l'odieuse Pai qui est au nord de la Thaïlande ce que Phukhet est au sud. Plutôt se poser dès son arrivée à Chiang Dao, une fois descendu du bus sur la rue principale, dans cette cantine très populaire placée sous la protection d'un célèbre moine bouddhiste, ce dont les innombrables photos ainsi qu'un autel à sa gloire font plus qu'attester.

Dao 1

On mange beaucoup de légumes dans cette région dont les entrailles abondent en gingembre, en piments et en champignons mais aussi en grottes en enfilade et labyrinthes souterrains.

Dao 3

Et comme les environs abondent également en oiseaux de toutes espèces mais aussi de champs cultivés, d'innombrables plantations d'oranges, de papaye et de bananes rien n'est plus tentant que d'enfourcher une bicyclette pour sillonner la région sous l’œil averti du Doi Chiang Dao, la plus haute montagne de calcaire de Thaïlande qui culmine tout de même à 2195 m d'altitude.

Dao 4

C'est bien simple, où qu'on se trouve on ne lui échappe pas. Elle veille sur nous jusque dans notre sommeil. Comme ici, dans cette hutte retirée du monde où, massive, bienbeillante, la nuit sa présence agit comme un talisman.

Par Foodinandout - Publié dans : Thaïlande
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