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Mardi 24 mai 2011 2 24 /05 /Mai /2011 08:03

Comptoir 1

On appelle ça une masure. Moi, j’appelle ça le paradis, pour autant que le sentiment du voyage qui en habite chaque mettre carré en soit un.

Qu’on se représente un espace de 650 m2 posé aux pieds du Canal Saint Martin, composé d’une succession de salles rustique et rétro mises en valeur par l’Agence Secousse, agence artistique vouée corps et âme à l’art exotique situé à mille lieux de l‘esthétique ethno-chic qui sévit actuellement.

Comptoir 2

Au centre, un jardin «endémique», revêche, hostile et grinçant parce qu’investi d’herbes folles et parait-il mauvaises. A l’homme de se fondre dans la nature et d’y trouver sa place, lui et sa bière africaine.

L’air de rien, cette petite jungle est le poumon de cette brocante qui n’en est pas une, la meilleure porte d’entrée pour comprendre la démarche de ce lieu dédié à l’économie solidaire et écolo responsable (récupération des eaux de pluie, matériaux recyclés, produits bio).

Comptoir 3

Véritable cathédrale de récup’ placée sous le signe de l’Afrique post coloniale, de la libre circulation et du libre échange (stupéfiant, voir quasi inconcevable de nos jours cette facilité que nous avons de nous mouvoir en toute liberté dans le dédale de cette oasis poussiéreuse sans jamais rencontrer d’obstacle au hasard de ces lieux en perpétuel mouvement, qui se régénèrent d’eux-mêmes, affranchis de toutes barrières et ou le curieux a tout loisir de se fondre dans l’espace, de toucher les objets, les déplacer à sa guise, les approprier).

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S’il est une voix à laquelle on pense immédiatement dans cette grande salle de réception qui est autant une salle de conférence qu‘une salle de classe, c’est bien celle du conteur et grand défenseur de la tradition orale Hampaté Bâ, «diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l’ombre des baobabs». Une photographie, ce serait celle extraite d’un album du malien Malik Sidibé. Des images d’Afrique se superposent aux objets et intérieurs reconstitués, disons réinventés, qui s‘animent presque à notre passage - on n’y peut rien, on se laisse faire, charmé.

Comptoir 5

Pour réaliser l’ampleur du phénomène et l‘attachement voir la fascination qu‘on éprouve immédiatement pour dès qu’on pousse la porte du Comptoir, autant faire le tour du propriétaire.

C’est ici une partie de la salle de classe ou la nature tend à reprendre ses droits.

Comptoir 4

Le cabinet de sorcellerie de Maissa Toulet qui ne manque pas de pièces mémorables.

Comptoir 6

Le studio photo dans lequel pourrait avoir sévi Malik Sidibé, portraitiste de la société malienne des années 60, chroniqueur des nuits enfiévrées de Bamako.

Comptoir 7

Le salon de coiffure dans lequel, avachi sur un Chesterfield exténué je goûte le bobun sans grand intérêt (ma préférence allait au curry de crevettes hélas indisponible) arrosé d’un jus de bissap.

Comptoir 8

C’est mister Hung, déboulant sur coups de 13 heures avec son chariot qui assure la restauration, des tartines étant également proposées au bar qui consistent en une baguette entière accompagnée d’un pot de pâté ou de rillettes, plutôt rigolo et sympathique.

Comptoir 9

On termine avec le centre des objets perdus, soit la reconstitution criante d’authenticité d’une épicerie typique africaine. Ne manque plus qu’un peu de sable sur le parquet, la présence de poussière en suspension chassée par les jambes des danseurs qui se déhanchent au rythme de la rumba congolaise pour que l’illusion soir totale. C’était ce jour là un peu de l’Afrique qu’on sentait vibrer sous nos pieds.

Comptoir 10

 

 

Comptoir Général

80 quai de Jemmapes

75010 Paris

Ouvert du vendredi au dimanche de 11h à 23h

Site: lecomptoirgeneral.com

Site: secousse.org

 

 

Par Foodinandout
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Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 11:30

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Je me souviens du Stubli, rue Poncelet, avec ses vitrine affolantes, dégorgeant de spécialités d’outre-Rhin qui nous mettaient illico l’eau à l’eau bouche. Je me souviens de certains samedi après midi et de l’escalier que nous grimpions avec des étincelles dans le regard et la certitude de nous régaler d’une forêt noire, d’un streusel. Mais surtout, je n’oublierai jamais le chariot posé en bordure de la chaussée avec ces belles et larges saucisses fumantes qu’un employé dépité parce que flanqué d’une hideuse tenue folklorique et coiffé d’un chapeau ridicule, saisissait avec de longues pinces pour coucher sur un lit d’oignons mijotés lui-même glissé entre deux tranches de pain au lait. Une telle saucisse faisait un repas et des heureux.

La bonne idée de Sylvie et Gerhard Weber est d’avoir cédé le Stube pour ouvrir en plein centre de la capitale une nouvelle adresse reprenant certains des incontournables d’outre-Rhin qui ont fait sa réputation, tout en s’efforçant de réconcilier snacking et diététique (la saucisse pur bœuf est pochée donc peu grasse, la petite choucroute, cuite sans matière grasse impressionne par ses vertus light, les pâtisseries maison sont également allégées au maximum).

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On y déjeune sur le pouce et sans se ruiner (excellentes formules de 10,50 € à 13,50 €), à emporter ou sur place dans un décor lumineux et contemporain, de saucisses certes moins généreusement garnies qu’au Stubli mais tout aussi excellentes (la Frankfurter, 5,50 €, moutardée et flanquée d’oignon est miraculeusement légère et dégraissée au possible en plus d‘être délicieuse), de strudels salés aux légumes ou bien à la viande de bœuf, de choucroute épurée, d’assiettes froides, d’accompagnements comme les pomme de terre en croute de sel, la kartoffelsalat à la berlinoise, le liptauer au paprika, la chiffonnade de jambon fumé, le tout arrosé d’une Beck à la pression ou d’un Fritz-Kola, version allemande de notre Breizh Cola !

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Il n’est pas interdit d’achever le déjeuner sur une note sucrée (pourquoi pas le strudel aux pommes, 3,80 €, irréprochable) ou bien de revenir en fin de journée s’offrir une pâtisserie agrémentée d’un chocolat chaud maison. Les raisons sont toujours bonnes de faire un saut au Stube.

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Le Stube

31 rue de Richelieu

75001 Paris

Tel: 01 42 60 09 85

Site: www.lestube.fr

 

Par Foodinandout
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Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 09:24

Acropole 1-copie-1

Franchement pas terrible, l’Acropole. On a été charmé par la devanture fanée, son carrelage, ses voilages vieillots et sa grande salle austère aux allures de cantine mais au charme fou. On s’attendait à de la joie, un peu de soleil dans notre assiette, quelques sourires, pourquoi pas, l’équivalent d’une main qui se pose sur votre épaule. On a vite déchanté. Le mezze semblait s’ennuyer dans l’assiette comme les sardines grillées aux côtés d’une salade aux extrémités gâtées et au céleri râpé indigeste parce que marinant dans une sauce suspecte.

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La vie avait visiblement déserté nos assiettes comme elle l’avait fait de cette salle. Pas un souffle de vie ni le moindre frémissement mais une ambiance pesante, des assiettes sans histoire, ni dans le présent, ni ailleurs non plus. Les brochettes qui imposaient d’amples efforts afin d’en mâcher les morceaux de viande n’étaient pas plus éloquentes que le reste. Et toujours, cet accompagnement désastreux: un riz à la sauce puisée d’un bidon dont on préfère ignorer la provenance; des pommes de terres au four réchauffées à n’en plus finir dont la consistance est caoutchouteuse, indigeste.

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Le plus vexant dans cette déconvenue, c’est l’addition absolument pas justifiée, à la limite de l’indécence (pas loin de 50 euros pour deux couverts), qui nous laisse à penser que les petits restos grecs pour touristes de la rue de la Huchette auraient été autrement plus animés et authentiques avec leurs grosses pommes de terre au grill, leurs assiettes généreuses et festives.

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L’Acropole

3 rue de l’Ecole de Médecine

75006 Paris

Tel: 01 43 26 88 90

 

Par Foodinandout
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